Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Laurence des Cars succède à Guy Cogeval pour la direction d'Orsay

Crédits: DR

C'est fait! Si Genève éprouve tant de mal à trouver un ou une successeur(e) à Laurence Madeline pour le Musée d'art et d'histoire, Orsay possède depuis ce mardi 28 février une nouvelle tête en la personne de Laurence des Cars. Cette dernière succède à Guy Cogeval, qui avait bénéficié à sa demande d'une année supplémentaire dans la cabine de pilotage. Ce sera dur pour Laurence. Colérique, emporté, excessif, mais charismatique et très écouté des donateurs, Cogeval était tout de même une pointure. Il avait ainsi remonté au pinacle un musée qui allait gentiment à vau-l'eau (vous me direz que la Seine est tout près) sous le règne de Serge Lemoine. 

Pour Orsay, où la nomination est aussi politique qu'à Beaubourg ou au Louvre, il restait quatre candidats en lice. Michel Draguet, de Bruxelles, avait son épouvantable remodelage du Musée royal des beaux-arts comme passif. Le personnage passe par ailleurs pour difficile. Dominique de Font-Réault est aujourd'hui en charge du Musée Delacroix. Elle a conçu plusieurs expositions récemment. Je crains hélas que son «Une brève histoire de l’avenir» au Louvre, dont l'autre coupable était Jean de Loisy du Palais de Tokyo, lui ait fait le plus grand tort. Le quatrième candidat était Sylvain Amic. Il s'occupe aujourd'hui du projet de fédération des musées de Rouen, qui sont riches (du moins en œuvres). C'est une mauvaise nouvelle pour lui sans doute, mais une bonne pour sa ville d'adoption (elle a de la chance de l'avoir!), dans la mesure où il demeurait au final des finaux le seul opposant conservé par la Ministre de la culture Audrey Azoulay à dame des Cars. Du moins si j'en crois mes confrères, car je ne suis ni dans le secret des dieux, ni dans ceux de cette demi-déesse.

La chance d'être femme 

Qu'a donc Laurence de plus? C'est une femme. Or on sait que Beaubourg et le Louvre ont changé ces dernières années de mains, et que celles-ci sont masculines en dépit des promesses de parité. Autrement, rien à dire. Laurence, qu'on remarque fort peu, a fait jusqu'ici une très honorable carrière. Conservatrice à Orsay de 1994 à 2007, elle y a organisé des expositions réussies sur les académiques Jean-Paul Laurens et Jean-Léon Gérôme. On lui doit le bon Courbet du Grand Palais, monté alors qu'elle travaillait pour France-Museums. Elle a passé en 2014 à l'Orangerie, qui dépend d'Orsay, où elle a remplacé Marie-Paule Vial. C'est donc chez elle qu'on a vu un Emile Bernard plus informatif que fondamental, la superbe rétrospective dédiée au sculpteur italien Adolfo Wildt ou, tout récemment, la peinture américaine des années 30. 

Il reste plus qu'à voir ce qu'elle donnera dans ce grand vaisseau d'Orsay, où il faut beaucoup ramer pour ne pas diminuer la voilure. Guy Cogeval, lui, devrait s'occuper d'un centre d'études pour la peinture Nabi. La prochaine échéance d'Orsay est l'ouverture le 14 mars d'«Au-delà des étoiles, Le paysage mystique de Monet à Kandinsky». Voilà un thème qui brasse pour le moins large. C'est quoi au fait, un «paysage mystique»?

Photo (DR): Laurence des Cars, qui passe de l'Orangerie à Orsay.

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