Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/La Justice relaxe les Wildenstein au risque de "l'incompréhension"

Crédits: Eric Feferberg/AFP

Il y en a que cela va choquer. Surtout sous un gouvernement (car il en existe encore un en France) dit «de gauche». La famille Wildenstein dans son entier vient de se voir relaxée par la Justice. Et avec elle un notaire, un avocat français et un autre comme par hasard suisse. Pas de prison ferme, ni même d'amende salée, comme l'avait requis la procureure Monica d'Onofrio. Guy, Alec Jr et Liouba Wildenstein, la veuve d'Alec Sr, sont libres. Le tribunal correctionnel de Paris, présidé par Olivier Géron, a prononcé une relaxe générale. 

Oh, il ne se sent pas bien, Olivier Géron! Il a cru utile de préciser que la décision risquait de rester «incomprise». Mais il y aurait dans ces accusations de blanchiment et de fraude fiscale en bande organisée une «incertitude légale» sur les trusts et des «lacunes dans l'enquête». On ne peut pourtant pas dire que le temps ait manqué. L'affaire court depuis 2001, année où Sylvia, la veuve de Daniel Wildenstein, s'estimant spoliée, avait décider de faire tomber toute la famille. Mais c'est comme ça. Au risque de choquer, le tribunal a décidé d'appliquer un loi sans grand rapport avec la Justice. Il ne faut pas confondre les deux choses, comme le font les naïfs. Il y avait pourtant pour Olivier Géron «une claire intention de dissimulation».

Verdict civil à venir

Mais nous resttons ici au pénal. Le civil court parallèlement. Si les Wildenstein ne régleront pas la petite amende à 250 millions d'euros, ils en risquent une autre d'un demi milliard lorsque l'autre cour prononcera son verdict. On verra bien. Un seule chose est sûre. Si Sylvia, décédée en 2010 après son travail de sape, n'est pas vengée par le civil, elle aura au moins réussi une chose. La réputation des Wildenstein se voit ternie, et ce dans un monde qui oubliait très vite jusqu'à ce qu'Intenet vienne constamment rappeler des choses fâcheuses. On l'a bien vu pour Alfred Taubmann. Lors de sa vente, Sotheby's avait éludé son incarcération. Or le premier mot qui venait sur Google à propos de Taubman était «prison». 

Photo (Eric Teferberg/AFP): Guy Wildenstein, lors d'une de ses apparitions au tribunal.

Texte interclaire.  

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