Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Jeff Koons ne plantera pas ses tulipes devant le Palais de Tokyo

Crédits: Reuter

Il y a des cadeaux empoisonnés. C'est le cas de celui de Jeff Koons à la France après les attentats de novembre 2015. L'Américain avait décidé de donner une sculpture, ou du moins le dessin préparatoire pour celle-ci. La chose restait en effet à exécuter aux frais du récipiendaire. L'hommage aux victimes prenait la forme de neuf tulipes colorées. L'artiste voyait large. La statue de métal peint devait mesurer douze mètres de haut et peser trente-trois tonnes. Comme cela, au moins, pas de risques de se faire chouraver la chose. 

La maire Anne Hidalgo, qui n'en rate pas une, avait parlé de la générosité d'un «immense artiste». Il fallait donc à l'artiste un immense espace. L'emplacement prévu se situait devant le portique séparant le Musée d'art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo. Un chef-d’œuvre de l'architecture des années 1930. Les boucliers se sont alors levés. Amis du patrimoine. Intellectuels. Marchands d'art. Il y a même eu, dans «Libération», une tribune signée par 23 grosses pointures. Non à Koons. Non au lieu choisi. Et en filigrane non à Anne Hidalgo.

Nouvel endroit à déterminer

Françoise Nyssen a déjà eu un entretien il y a quelques semaines avec Jeff. Un peu flou, comme tout avec la ministre de la culture. Autant dire qu'en tentant de calmer le jeu elle ne faisait qu'exacerber les passions. C'est apparemment fini. Dimanche 27 mai dans la soirée, «Le Figaro» annonçait que le Koons irait se faire voire ailleurs. Où? La chose devrait se discuter lundi. Il faudra cependant en dédommagement en endroit «populaire, visible et partagé par tout le monde». L'Américain se révèle prêt à la discussion. Ce n'est pas comme Daniel Buren, qui vient de faire retirer par le même ministère de la culture une œuvre parasitant temporairement ses colonnes du Palais Royal. Droit moral! Croyez-le ou non. On avait oublié de prévenir le plus susceptible des plasticiens de France et de Navarre...

Photo (Reuter): Jeff Koons et les tulipes.

Texte intercalaire.

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