Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Jean-Luc Martinez a été reconduit pour cinq ans à la tête du Louvre

Crédits: AFP

C'est une mauvaise nouvelle. Jean-Luc Martinez vient de se voir reconduit pour cinq ans à la tête du Louvre. La nomination a été faite en conseil des ministres sur la proposition de Françoise Nyssen, dont l'existence comme ministre de la Culture devient véritablement néfaste. C'est à se demander si elle ne serait plus utile à faire les paquets d'Actes Sud dans une arrière-boutique. La nouvelle se voit annoncée sans un froncement de sourcil par «Le Figaro». «Le Monde» se montre plus sceptique sous la plume d'Harry Bellet, surtout pour qui sait lire entre les lignes. L'introduction comme ainsi par «bien que contesté, même par certains au sein de l'institution...» Voilà quoi me semble clair. 

La ministre, qui souhaite pour l'avenir «des expositions transversales et innovantes d'envergure internationale» (et cela veut dire quoi, au juste?), a salué un bilan imaginaire où tout serait positif depuis 2013. L'heureux élu n'avait dès lors plus qu'à tresser ses propres couronnes. Il a salué l'augmentation de la fréquentation avec un public «plus international, plus jeune et connecté», alors qu'il a en réalité baissé. Il s'est vanté du succès d'une exposition comme Vermeer, qui souffrait d'un manque d'organisation allant jusqu'au cafouillage. L'homme s'est également félicité de celle consacrée à Valentin de Boulogne, que nul n'a en réalité vue à cause de Vermeer. Il a enfin tiré à lui le succès de «François Ier et le Nord», dont il ne voulait au départ pas.

Un parfait fonctionnaire 

Monsieur le directeur a rappelé qu 816 objets, «dont douze trésors nationaux», étaient entrés en cinq ans dans les collections. Les couacs ont ici aussi été gommés. Je pense notamment aux prix délirants payés en engraissant des intermédiaires. Jean-Luc Martinez a aussi parlé de ses «travaux structurants». Ils se sont en réalité surtout manifestés par des fermetures de salles. Il maintient enfin l'idée des entrepôts à Liévens, près de Lens (1), que conteste son personnel. Mais depuis quand les scientifiques auraient-ils la parole? Bref, tout va bien. 

Les plus méchants ont souligné depuis lontemps la souplesse de son échine. En bon fonctionnaire, Martinez, venu de la base, obéit. C'était moins le cas de son prédécesseur Henri Loyrette, qui était né parmi les riches et les puissants. Evidemment, avec cela, le Louvre va à grands pas vers un certain «grounding». C'est curieux, mais il me fait penser à notre Musée d'art et d'histoire en beaucoup plus riche et en bien plus grand. Mais je dois avoir mauvais esprit. Cela dit, je rappelle que le Français fait partie des six sages chargé de plancher sur le futur MAH. Résultat des cogitations en juin prochain.

N.B. Tout le monde s'accorde en revanche sur le fait que Jean-Luc Martinez a été un excellent conservateur des antiques et un bon professeur à l'Ecole du Louvre. 

(1) Il semblerait que Lens n'aura aucun conservateur. Et aucune place de travail n'était à ma connaissance prévue pour ceux qui viendraient depuis Paris.

Photo (AFP): Jean Luc Martinez, qui est reparti pour un quinquennat.

Texte intercalaire.

 

 

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