Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Beaubourg rend hommage à Jim Dine, qui lui a donné 28 oeuvres

Crédits: AFP

C'est un nom connu. Le public n'a pourtant guère l'occasion de le voir mis en vedette, surtout dans les institutions (1). A 83 ans, Jim Dine a trouvé le chemin du Centre Pompidou. Ce dernier lui dédie une petite exposition. Notez qu'il y a une bonne raison à cela. L'Américain lui a récemment fait don de 28 œuvres. Elles reflètent sa carrière depuis 1961. Il s'agit donc du choix, effectué par l'intéressé, de ce qu'il entendait voir dans les collections du premier musée français d'art moderne et contemporain. Dine parle d'une «dette culturelle et personnelle due à la France». Elle n'est pas due à la seule présence, multipliée, de la «Vénus de Milo» dans son œuvre. Cet inclassable (pop-artiste ou non?) vit depuis très longtemps en partie à Paris, où il possède un énorme atelier (2). 

La présentation s'ouvre par un énorme «mural», avec le texte au fusain C'est «Ma vie à Paris», une suite de neuf poèmes écrit par Dine entre 1968 et 2017. Il y a ensuite les outils (vrais), les robes de chambre (en plâtre), les emprunts à la culture populaire et enfin les «Concrete Paintings» des années 2010. Plus les cœurs, naturellement, dont un énorme en paille, dont les fétus jonchent le sol. Dine doit posséder un «copyright» sur le cœur. Commissaire de l'exposition et directeur de l'institution, Bernard Blistène tient à le souligner. «Il n'est pas fréquent qu'un geste de cette ampleur soit consenti sans la moindre demande de retour.» Comme quoi, il vaut mieux ne pas se montrer trop insistant!

Américains en France 

Ce petit accrochage, au quatrième étage, intervient au moment où Beaubourg propose plus bas, sur la mezzanine, la tisserande Sheila Hicks. Je vous ai déjà parlé de l'hommage que le centre consacre à cette Américaine qui a aussi choisi Paris pour vivre. Jim et Sheila feront sans doute après leur disparition l'objet de dations de la part de leurs héritiers. Cela avait été le cas pour la grande Joan Mitchell, morte en 1992. Joan vivait à Vétheuil, sur les traces de Claude Monet. Elle avait fait le miel de sa dernière période pour transformer les nymphéas en un expressionnisme abstrait. Notons au passage que Joan, qui reste une figure essentielle, n'a jamais reçu en France l'hommage auquel elle aurait droit. 

(1) A Lausanne, on a beaucoup vu Jim Dine chez Alice Pauli.
(2) JIm lui-même pense qu'il est trop Européen pour les Américains et trop Américain pour les Européens.

 

Pratique 

«Jim Dine, Paris reconnaissance», Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris, jusqu'au 23 avril. Tél.00331 44 78 12 33, site www.centrepompidou.fr Ouvert tous les jours, sauf mardi, de 11h à 21h.

Photo (AFP): Jim Dine devant certaines des ses réalisations.

Texte intercalaire.

 

 

 

 

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