Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Pardonnez-moi.

Ceci est ma 76ème chronique pour la version en ligne du magazine Bilan. Je ne dis pas ça pour souligner la fertilité de mon clavier ou mon extraordinaire persévérance dans le cheminement solitaire du blogueur (on est loin de la bougie de Baudelaire, mais la lumière pâle de mon MacBook Air fait illusion), mais parce que ces 76 chroniques en disent plus long que ce qu’elles disent…

Quel que soit le sujet que le blogueur/chroniqueur traite, quelle que soit sa thématique de prédilection, ce qu’il vous livre semaine après semaine c’est une partie de lui-même ; il vous ouvre la porte de son cerveau, vous remet les résultats de ses expériences ou de ses analyses, vous parle dans une langue qui n’appartient qu’à lui, bref, il se donne. Bon, j'avoue, pas tous. 

Pour ma part, c’est comme ça que j’envisage cette “activité“, parce qu’il faut bien trouver du sens aux choses et surtout parce que nous sommes ainsi faits. Lors d’un échange avec un congénère bipède la semaine dernière, je me suis rendue compte que les gens se souvenaient finalement assez peu des sujets de mes chroniques, mais qu’ils en gardaient une impression commune: elles sont risquées. Au vu de la terminologie catastrophiste utilisée par mon interlocuteur, et en recoupant avec les interventions préalables d'autres bipèdes ("ouais, c'est Aline I., elle écrit de ces trucs! Va voir, ça vaut le détour!), j'ai fait mon introspection. Persuadée qu'elle vous sera si ce n'est utile, du moins divertissante en ce vendredi après-midi, permettez-moi de la partager avec vous...

Dans un premier temps, je tiens à clarifier les choses : ce n’est pas comme si j’avais le choix. Non pas que Bilan me séquestre jusqu’à ce que mes chroniques soient polémistes à souhait, simplement il se trouve que j’ai le caractère incisif et l’esprit critique, que ça se confirme avec les années et que ça ne va pas en s’arrangeant. "Connais-toi toi-même" étant le premier pas vers la sagesse et le lâcher-prise, mon deuxième argument va couler de source, comme il se doit.

La notion de « risque » ne m’a jamais été très familière, je dois l’admettre. A l’échelle de l’humanité passée et à venir, un multicellulaire tel que moi ne peut pas réellement prétendre infléchir le cours des choses, ma seule réelle participation étant d’avoir ajouté deux mini-enquiquineuses à la surface du globe. J’espère qu’elles changeront le monde, mais il m’arrive parfois d’en douter. Quoi que...

Quant au risque personnel, là aussi, j’ai beau envisager les conséquences possibles au travers de scénarios complexes, je ne parviens pas réellement à me faire peur : 

  1. Les gens me détestent
  2. Plus personne ne veut travailler avec moi
  3. Ma tête est mise à prix
  4. Ma chronique est supprimée (le tout étant présenté dans l'ordre inversément prioritaire de mes craintes)

Les options face à aux divers scénarios :

  1. Au moins, je sais pourquoi, donc j’assume
  2. Il existe toujours des gens qui veulent vous faire travailler POUR eux
  3. Je m’en sers pour faire le buzz en devenant l’ennemi social numéro 1
  4. Là, je ne dis rien, c’est mon atout pour faire pression sur mon rédacteur en chef…

 Du coup, mettez-vous à ma place : comment et pourquoi deviendrais-je politiquement correcte alors que l’avantage à court et à long termes serait nul pour vous comme pour moi ?

Vous ne me liriez plus, puisque la concurrence est bien plus forte parmi ceux qui vous parlent de leur métier et de l’entreprise sous un angle « propre en ordre », mes audiences chuteraient - en même temps que ma bonne humeur, et assurément, la vôtre.

Car oui, je le vois dans vos commentaires, vos mails et vos remarques en live, avouez-le : lire quelqu’un qui écrit tout haut ce que vous pensez tout bas, reconnaître un collègue de bureau ou ses propres travers dans les lignes d’un être virtuel, même le fait de pouvoir prendre en grippe la chroniqueuse de Bilan, « mais oui, tu sais, celle qui se la raconte avec ses titres en latin », ça a un côté jouissif.

Je m'engage donc à ne vous parler ni des dernières fonctionnalités de Google+, ni de la recette d'émincé au curry de ma grand-mère - même si le dernier sujet mériterait qu'on s'y attarde - et d'éviter de barder votre lecture de liens à cliquer qui vous emmèneraient irrémédiablement hors du havre paisible que constituent mes chroniques...

Comme le disait le grand philosophe Xbox : « Life is short. Play more. »

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