Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Panem et circences

Suspense, suspense… Le teaser a commencé sur Facebook: ma chronique de la semaine allait parler d’une série TV, mais laquelle ? Ce qui est amusant, c’est qu’un indice flagrant décorait mon profil, donnant la solution à la question du jour. Enfin, pour ceux qui savent se servir de Google Image ou qui connaissent la référence. Un truc de curieux… ou d’initiés.

Je lève le voile sur la série mystère: il s’agit de l’inénarrable Game of Thrones. A l’image d’un Lord of the Rings, il est des titres qui vous titillent l’imagination à leur simple évocation. Des mots qui vous emmènent dans un voyage à travers le temps et habillent vos rêves les plus fous d’une cotte de mailles. Des termes qui résonnent comme autant de coups de glaives s’entrechoquant entre vos tympans. Des bandes-annonces que vous visionnez en sachant que votre tour viendra, qu’un jour, vous aussi, vous aurez le Graal dans votre lecteur Blu-ray.

Et puis, ce jour vient. Un mystérieux messager vous amène un présent venu d’une contrée lointaine, vous décachetez le Précieux et découvrez enfin la Bête. Un coffret magnifique, orné d’une illustration sanguinolente qui vous met en bouche le calice que vous êtes conscient d’être destiné à boire jusqu’à la lie. Et avec délectation, s’il vous plaît.

Couverture DVD Game of ThronesOh, je vous entends d’ici: quel rapport avec le thème, « Dans mon réseau social » ? Eh bien, au-delà de tous les efforts que d’aucuns fournissent pour créer une communauté et l’animer, au-delà des stratégies digitales fomentées ci et là par d’obscurs Machiavel, il existe des « produits » qui ont la Communauté inscrite dans leurs gènes. Et Game of Thrones en fait partie. Personnages ambigus, intrigues, sexe, jeux de pouvoir, trahisons, guerre, tous les vices de l’Humanité défilent épisode après épisode, en même temps que l’on assiste à la mise à mal de toutes les vertus. Avec un nain, une mère des Dragons virginale, une Reine sadique, un jeune Roi pervers, un Héros malgré lui, une sorcière, 7 couronnes et « one Throne to rule them all», le téléspectateur se laisse embarquer dans un pont-levis émotionnel (je déteste les anachronismes) qui dure environ 50 minutes multipliées par le nombre d’épisodes à disposition aujourd’hui (un peu plus de 20).

 D’ailleurs, avec cette nouvelle chronique hors du temps, du moins, du vôtre, je forme le secret espoir d’attirer quelques spécimens de la communauté GoT. Car, nul besoin de vous dire qu’elle a déjà ses espaces digitaux bien à elle: au-delà du site de la chaîne HBO, de la page Facebook officielle, il existe une myriade de contenus et de contenants entièrement dédiés, des images, des RPG, des jeux vidéos, des parodies, des citations (l’hiver vient), des forums, des extraits, des making-of, etc. Evidemment, avec un produit pareil, la communauté s’anime elle-même, tournée vers un même Dieu : l’Expérience. Car oui, Game of Thrones est une expérience, tout comme le Seigneur des Anneaux, d’ailleurs. Cinq romans écrits, deux en cours d’écriture, une troisième saison télévisuelle diffusée en ce moment aux USA – avec assurément le double à venir –, l’Expérience réside autant dans le saucissonnage du désir que dans l’exaltation de la découverte et dans la frustration du générique de fin. En effet, à quoi d’autre reconnaît-on une bonne série (il s’agit même ici d’une saga au sens strict du terme) si ce n’est au cri désespéré de celui qui la regarde lorsqu’apparaît le cut qui marque la fin d’un épisode ? Pour être plus claire, je vous offre ce cri en multilingue, vous n’aurez qu’à choisir ce qui vous convient.

En allemand : neeeeeeeeeeeeeeeeeein

En français : nooooooooooooooooooon

En italien : nooooooooooooooooooooo (pareil pour l’espagnol et l’anglais)

En russe : niiiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeeeeet

On aura beau dire ou faire: l’être humain reste un grand enfant qui aime qu’on lui raconte des histoires. En grandissant, il aime celles où les gentils ne sont pas très gentils et les méchants pas que méchants. Et après, il aime partager les histoires qu’il a entendues avec d’autres êtres humains. Parce que l’être humain, pour évoluer, a de tous temps eu besoin de partager ses expériences.

Game of Thrones a le mérite de pointer une vérité, qui n’est sans doute pas LA vérité: l’essentiel, ce ne sont pas les contenus ou les supports, c’est l’expérience qu’ils nous procurent. Voilà pourquoi, sur mon profil, vous trouverez l’image de Jon Snow, un des protagonistes de la saga, légendée par « I am the watcher on the wall » : parce que, bien des siècles plus tard, bien après les Premiers Hommes, il existe un nouveau mur qui sépare deux mondes, et que j’aime l’idée qu’il en existe des gardiens, prêts à faire le guet pour signaler ce qui se trame de chacun des deux côtés…

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