Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PALERME/Le Palazzo Butera est sauvé par un amateur de contemporain

Crédits: Site du Ministère des biens culturels italiens

Je vous ai parlé il y a quelques mois du coup de gueule de la princesse Carine Vanni Mantegna di Gangi. Cette spectaculaire blonde, d'origine française, en a assez d'investir avec son mari des millions d'euros dans l'entretien du Palazzo Gangi de Palerme. Soit la Municipalité fait quelque chose, soit l'Etat cesse de l'accabler d'impôts fonciers. Autrement, elle vend tout dans deux ans. Ses déclarations à la presse ont fait l'effet d'une bombe, du moins dans les milieux artistiques. Elles mettent le doigt sur un problème désormais européen. Une famille n'a plus les moyens d'entretenir une demeure de plusieurs centaines de chambres. Les palais et châteaux se voient ainsi condamnés à une mort lente. Seule l'Angleterre, qui recèle pourtant les plus grandes demeures d'Europe, s'en sort encore grâce à cette organisation privée géniale qu'est le National Trust. 

A Palerme, on a ainsi appris que le Palazzo Asmundo, en face de la cathédrale, était déjà à vendre. Prix: six millions d'euros. Et il ne serait pas le seul. Tout semble perdu... et pourtant. Abandonné depuis des décennies, tombant en ruines, le Palazzo Butera a été acquis des Moncada et des Lanza di Trabia par Massimo Valsecchi et sa femme Francesca. Le chantier est ouvert, et il durera plusieurs années. Les travaux ont été confiés à Marco Giammona, un ingénieur qui a déjà sauvé du désastre deux édifices semblables dans Palerme.

Un musée et une résidence 

Le but du richissime galeriste et collectionneur Valsecchi est d'en faire sa résidence, certes, mais aussi un musée où il abriterait ses œuvres d'art contemporain (Richter, Warhol, Gilbert & George..) et autres (archéologie, peinture ancienne...). Le Milanais pensait d'abord faire des dons à sa ville, mais les choses n'ont pas fonctionné. Tout allait bien avec un haut fonctionnaire, mais pas avec son successeur. D'où une rupture. Et la décision de faire cavalier seul dans une ville plus facile, où l'immobilier coûte moins cher, tout en réservant parfois de bonnes surprises. L'immense fresque du XVIIIe siècle d'un salon a ainsi été découverte intacte sous un faux plafond. Cela fera une pièce de prestige supplémentaire. Comme vous l'avez déjà deviné, le Palazzo Butera se révèle d'une taille gigantesque. 

La première exposition est prévue dans deux ans. Comme ouverture. Les suivantes se distingueront des collections permanentes, qui occuperont un autre étage.

Photo (Ministère des biens culturels): Le Palazzo Butera, dont les travaux ont commecé à Palerme.

Texte intercalaire.

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