Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

On se gargarise de ploutocratie écologique et cela nous donne bonne conscience!

A l’image des voitures, pour les bâtiments, on ne regarde que la consommation et jamais le cycle complet de vie de l'objet! C'est ce qu'on appelle l'énergie grise.

Parallèlement, l’utilisateur ne fait jamais partie de l’équation. Pour exemple, on demande aux occupants, en pleine campagne, au calme, de ne pas ouvrir les fenêtres. Pourquoi ? Parce que des ingénieurs ont élaboré des modèles qui ne prennent en compte que leurs propres formules! On construit des écoquartiers à 20 kilomètres des centres urbains, sans réelle desserte de transports publics.

C’est bien, mais c’est pauvre.

A l’image des voitures électriques ou hybrides, on ne regarde que la consommation immédiate. Qu’en est-il des dégâts écologiques causés par la production de Lithium et par l’élimination des batteries? Silence radio! En immobilier, c’est pareil. On ne se soucie pas de l’élimination des matériaux et de leur recycagle. Mieux encore, on construit des maisons « écologiques ». Or la villa, sans renier sa place urbanistique et le besoin auquel elle répond, est un consommateur d’espace qui implique des trajets plus long (les zones villas sont souvent éloignées du centre ville) et l’utilisation de moyen privé de locomotion. Ceci va à l’encontre du but recherché. Dans la même logique, les politiques veulent supprimer les voitures des écoquartiers. Mais comment remplir un frigo pour 4 personnes, à pied, lorsqu’on porte entre 3 ou 4 sacs ?! Merci les ingénieurs de la mobilité. Et si nous repensions vraiment notre modèle écologique. Nous louons nos nouveaux parkings au mois, le modèle étant le même depuis la création des parkings. Qu’on utilise la voiture ou non, cela ne change rien et il n’y a aucune incitation à laisser sa voiture au garage si ce n’est la bonne conscience. Nous avons aujourd’hui tous les moyens technologiques pour faire payer le moins aux véhicules qui bougent le moins et inciter les utilisateurs à prendre chaque fois que c’est possible, les transports publics ou un vélo. Pourquoi ne pas avoir des étiquettes énergétiques sur les matériaux comme pour nos appareils ménagers, mais qui prendraient aussi en compte création et élimination ?

Si nous voulons être vraiment écologique, nous devons analyser tous le processus de construction, d’utilisation et de démolition du bâtiment. Sans oublier que ces bâtiments doivent servir à des gens qui ont des envies et des attentes. Il faut aussi construire proche des centres urbains, avec un accès facilité à des transports publics efficaces, sans gaspiller le sol, si rare. Sonyons vraiment ceux qui laisserons une meilleure planète à nos enfants.

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