Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

On finira tous toxicos!

Loin de moi l’idée de revenir une énième fois sur l’affaire Fernand Melgar et les dealers de rue, qui a déchaîné la presse et certains bobos de gauche ces deux dernières semaines. Je ne souhaite aucunement me prononcer sur le fond de l’affaire même si j’en ai surtout retenu que les discours formatés me gonflent. Pour provoquer un peu, j’irais même jusqu’à dire que la plupart des insurgés sont probablement des consommateurs réguliers ou occasionnels de cocaïne, acides, ecstasy ou autres psychotropes hallucinogènes. Et qu’ils ne voulaient pas qu’on tape sur leurs fournisseurs.

Bref, là où je veux en venir c’est que le problème n’est pas tant les «dealers noirs» qui «pullulent» dans nos rues, mais surtout le nombre effarant de consommateurs «blancs» qui leur achètent de la drogue. Les dealers sont là parce qu’il y a de la demande, mais ils rêveraient probablement tous de faire autre chose (impossible toutefois sans papier...). Qu’ils soient d’origine africaine, asiatique, d’Europe de l’Est ou d’Amérique du Sud, ne change pas les faits: la consommation explose. Plus de 22 kilos de cocaïne sont consommés chaque jour en Suisse par exemple. Alors la question qu’il faut se poser, c’est pourquoi autant de citoyens suisses consomment de telles quantités d’opiacés ou autres stupéfiants? Ces consommateurs s’ennuient-ils? Sont-il trop stressés? Trop déprimés? Ou ont-ils trop d’argent?

Pour rappel, Genève est l'une des villes qui comptent le plus grand nombre de psychiatres par habitant. La consommation d’antidépresseurs est aussi en hausse. Les divorces aussi. Le nombre de suicides est aussi très élevé. Les gens ne sont apparemment pas très heureux. On a malheureusement parfois l’impression que nos dirigeants, aveuglés dans leur confort, ne font rien pour améliorer les choses qui rendent fou: un trafic routier insupportable, un coût de la vie délirant, une insécurité grandissante, une météo bof (ah oui, ça ils n'y sont pour rien). Consommateurs et commerçants se plaignent. Entrepreneurs et CEO de boîtes rament. Bref, tout le monde est déprimé. Alors, on finira tous, peut-être, un jour, par devenir toxicos!

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