Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Occasions manquées

En septembre 2018, la Suisse a livré pour la première fois des données bancaires dans le cadre de l’échange automatique de renseignements (EAR). Soit environ 2 000 000 de comptes détenus par quelque 7 000 institutions financières suisses (banques, trusts, assurances, etc.) envoyés à 38 juridictions, notamment celles de l’Union européenne. Et ce n’est qu’un début, puisque l’année prochaine, le nombre d’Etats destinataires va plus que doubler.

Tout s’est bien passé… sauf pour deux pays nous apprend un communiqué du Département fédéral des finances (DFF) : « La transmission des données à l’Australie et à la France prend du retard car ces États ne pouvaient pas encore livrer leurs données à l’AFC pour des raisons techniques. » Alors que la Croatie, l’Estonie et la Pologne n’ont encore rien envoyé non plus à la Suisse, mais la Suisse n’a pas retenu pour autant les données qui leur reviennent.

Quel dommage ! Pourquoi appliquer une politique du quid pro quo alors qu’il existe un engagement ferme à livrer les données d’ici au 30 septembre de chaque année ? Ç’aurait été l’occasion de montrer que la Suisse respecte ses engagements même si les autres ont du retard. Surtout vis-à-vis d’un pays voisin qui est en train de juger la plus grande banque suisse pour complicité de fraude fiscale, entre autres, et à qui la justice suisse refuse, pour l’instant, de transmettre les informations sur 38 000 comptes ouverts auprès de cette même banque…

Le communiqué du DFF aurait aussi été l’occasion de corriger les horreurs proférées lors d’une audition auprès d’une Commission fiscale du Parlement européen le 26 septembre dernier. Deux anciens banquiers suisses, dont un lanceur d’alerte qui au final n’était plus soumis au secret bancaire suisse, mais s’est quand même rendu coupable de menace et faux dans les titres, n’ont eu de cesse de prétendre que rien n’était plus facile que de faire échec à l’EAR en utilisant une société aux BVI ou à Hong Kong. Les membres du Parlement européen en ont été « choqués », et il n’y avait personne pour soutenir le contraire… alors que c’est tout simplement faux : dans tous les cas, soit la banque suisse, soit la société à l’étranger doit annoncer le compte.

Pire encore, l’ancien banquier zurichois s’est permis de critiquer la réforme de l’imposition des entreprises, sous-entendant que les nouvelles mesures étaient contraires aux règles de l’OCDE, et affirmant que la Suisse devait être mise sur la liste noire de l’UE et même sanctionnée. Heureusement le représentant de la Commission européenne a rappelé qu’il ne fallait pas mélanger tous les sujets et respecter les règles fixées par l’UE elle-même. Mais il semble indispensable que la Suisse fasse un effort pour expliquer les réformes qu’elle entreprend, afin que la « vérité » ne sorte pas de la bouche d’individus en rage contre la place financière suisse.

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