Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

NYON/Le jeune collectif de photographes Lundi13 s'expose Grand-Rue

Crédits: Nicolas Righetti

Ce n'est pas l'exposition suisse la mieux annoncée de l'année. Elle frise la clandestinité. Jusqu'au 30 novembre, avec un horaire difficile à trouver sur le site, le collectif photographique Lundi13 se dévoile à Nyon, au 13, Grand-Rue, à l'Atelier Photo d’Olivier Evrard. Le vernissage a eu lieu le 5 novembre. Je n'étais pas en Suisse. Je me suis laissé rattraper par ce temps qui est parfois de l'argent depuis. Je n'ai donc pas vu la chose, qui commnce à urger. Plus que quelques jours! J'ai donc vite rencontré à la place Nicolas Righetti, histoire de parler de cette nouvelle agence qui se montre ainsi au public. 

Nicolas Righetti, qu'est-ce au juste qu Lundi13?
Un groupe. Une bande de copains. Nous avons voulu une structure plus légère. Plus dynamique. Sans bureaucratie. Chacun de nous reste chez soi et conserve sa personnalité. Nous nous parlons par Skype le lundi, pour raconter ses projets. L'un peut remplacer l'autre, en cas de surcharge. La chose nous laisse davantage de temps pour nos travaux personnels qu'à Rezo. 

Justement, vous venez de Rezo, très présent dans la presse et dont on a pu voir, il y a quelques années, une exposition collective au Centre de la Photographie genevois.
Rezo s'est constitué en 2001-2002 autour de Jean Revillard. Nous sommes progressivement arrivés à être sept, en comptant deux stagiaires. Huit même, avec un membre qu'on ne voyait jamais. C'était déjà une petite entité, mais plus rigide. A la longue, nous avons commencé à avoir des divergences. Nous supportions encore la chose, qui conservait un caractère familial. Jean rassemblait et disloquait le groupe avec sa forte personnalité. C'était un peu papa qui grondait et maman qui donnait le sein. Cette situation ne pouvait pas durer toujours. Nous sommes donc parti. Rezo existe toujours, autour de Jean. Mais en plus restreint. 

Pourquoi Lundi13?
Le nom intrigue. Les gens nous posent toujours la question. Pour nous, je dirais que tous les jours sont des lundis, le jour le plus craint des travailleurs. Le 13, sous l'influence anglo-saxonne, a pris une mauvaise réputation. Nous rêvons cependant de casser ces stéréotypes. Nous aimerions produire des images décalées, surprenantes avec un peu d'humour. 

Nous, c'est qui, au fait?
Fred Merz, Nils Ackermann, qui vit à Kiev et qui a remporté cette année le Swiss Press Photo, François Wavre, actif à Lausanne, Guillaume Perret, installé à Neuchâtel, et moi. On est cinq. Il y aura peut-être d'autres membres en 2017. Pour le moment, il faut consolider une structure encore très jeune. Un an et demi... 

Il est donc encore possible de créer de nos jours une agence photographique.
Oui. Je dirais même plus que jamais. Elle constitue une réponse au difficultés du jour. 

L'exposition actuelle...
Le besoin de faire quelque chose ensemble. Histoire de montrer ce qui nous unit et ce qui nous sépare. Avant, à Rezo, on adoptait une patte reconnaissable. Il y avait des flashs. Une lumière froide. Maintenant, chacun développe son style. Nous le montrons donc à Nyon. Mais c'est là une toute petite exposition. Sans prétentions. 

Pourquoi Nyon, au fait?
Parce que la ville se situe entre Lausanne, Genève, Neuchâtel... et Kiev. Nous ne sommes plus genevois. Il nous fallait un terrain neutre.

Pratique 

«Mise à jour», Atelier Photo, 13 Grand-Rue, Nyon, jusqu'au 30 novembre. Tél.022 362 12 45, site www.latelierphoto.org  Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h30, le samedi de 9h à 14h.

Photo (Nicolas Righeti): Le réalisateur japonais Yorshihiro Nishamura.

Texte intercalaire.

 

 

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