Yannick Iseli

CO-FONDATEUR DE NOVACCESS SA

Passionné depuis son plus jeune âge par l’informatique et les nouvelles technologies, Yannick a suivi des études pluridisciplinaires à la frontière entre la gestion et l’informatique. Il a tout d’abord étudié à l’HEIG-VD à Yverdon-les-Bains où il a suivi une formation d’Ingénieur des médias. Il a ensuite obtenu son Master en Systèmes d’information à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (HEC) de l’Université de Lausanne. En marge de ses activités à l’Institut de recherche des technologies de l’information et de la communication (IICT) de l’HEIG-VD, il s’est associé avec deux professeurs et quatre ex-étudiants pour le développement de la start-up Novaccess SA spécialisée dans l’ « Internet des objets industriel ». Pour Yannick, les technologies ne sont pas une fin en soi et n’ont de sens que pour l'amélioration du quotidien des gens.

Nous vivons dans un monde déjà dépassé

Parfois, quand je regarde autour de moi, j’ai l’impression de vivre dans un monde déjà dépassé. Fort de mes formations d’ingénieur et de gestionnaire dans les technologies de l’information et de la communication, je m’étonne lorsque j’observe le décalage entre le niveau de maturité des technologies et l’utilisation que l’on en fait dans notre société. 

Lorsque nous, jeunes diplômés, quittons le monde académique et que nous nous confrontons à la pratique, la plus grande difficulté est de « gérer l’existant ». Si lors de nos études nous nous sommes habitués à appréhender un problème et à recommencer avec une page blanche, la réalité est bien plus complexe. Néanmoins, cette réalité mène parfois à de véritables paradoxes auxquels nous nous sommes habitués et que nous ne voyons même plus.

Vous êtes-vous déjà posé la question pourquoi en 2014, nous écrivons toujours des lettres sur un ordinateur, pour les imprimer, les mettre dans une enveloppe, les déposer dans une boîte, pour qu’une personne les récupère, transporte à l’autre bout de la Suisse par camion/train/vélomoteur, dépose dans les boîtes aux lettres des destinataires qui les liront, et éventuellement intégreront ces informations dans leurs ordinateurs ? Pourquoi retirons-nous encore de l’argent pour payer dans les magasins qui réinjecteront cet argent dans leurs comptes virtuels ? Pourquoi les gens s’agglutinent-ils encore autour des bornes de la gare, alors que nous avons presque tous un ordinateur connecté dans nos poches ?

J’ai fait l’expérience de lister certaines choses qui me/nous ralentissent dans notre vie de tous les jours. Vous arrive-t-il de vous retrouver bloqué sans raison dans un carrefour ? Normal, me direz-vous, nous n’allons pas tous dans la même direction. Pourtant, il m’arrive souvent d’attendre car une voie est ouverte sans qu’aucune voiture ne passe.

Vous arrive-t-il que le simple fait de vous garer devienne un parcours du combattant ? Quelques fois, Il me faut effectivement traverser à pied tout le parking pour arriver au parcomètre. On me demande mon numéro d’immatriculation, dont j’espère me souvenir, puis au moment de payer, je m’aperçois que la machine n’accepte que la monnaie que je n’ai pas forcément. Je me rends donc au kiosque le plus proche pour acheter des chewing-gums dont je n’ai pas forcément besoin et je retourne au parcomètre.

Vous arrive-t-il, à la station-service, de perdre plus de temps à payer votre essence qu’à faire le plein ? Pour payer, on doit rentrer dans la boutique de la station. A la caisse, plusieurs personnes attendent parfois la caissière qui est en train de servir des cafés. Après plusieurs minutes d’attente, c’est notre tour, on peut enfin régler, si l’on ne nous propose pas dans l’intervalle une action exceptionnelle sur les barres chocolatées.

A midi, vous arrive-t-il de perdre 20 minutes juste pour acheter un sandwich ? A la caisse, on attend derrière plusieurs personnes, qui vident entièrement leur chariot avant de le remplir à nouveau. Vous arrive-t-il de passer une demi-heure à trier votre courrier et de jeter ensuite la moitié des journaux et catalogues, sans même les lires, pour trouver vos factures que vous réglerez sur votre e-banking ?

Les choses n’ont pas à être aussi compliquées, et toutes ces problématiques peuvent être résolues par les technologies de l’information et de la communication. Ces technologies sont là, elles ne sont pas une finalité et n’ont de sens que si elles nous facilitent la vie.

Aujourd’hui, toute information peut être stockée, distribuée, téléchargée et achetée de manière sécurisée sur Internet avec un téléphone, une tablette, un ordinateur ou une télévision. Encore plus ambitieux, l’Internet peut également servir de canal pour communiquer avec n’importe quel type d’objet physique, qu’il s’agisse d’un feu rouge ou d’une plante, à des fins de mesure ou de contrôle à distance ; c’est ce qu’on appelle l’Internet des objets, et c’est un domaine qui va exploser dans les années à venir.

Toutes ces technologies promettent d’améliorer considérablement notre quotidien. Or, il faudra du temps aux organisations pour les intégrer et aux gens pour changer leurs habitudes. Parfois, quand je regarde autour de moi, j’ai l’impression de vivre dans un monde déjà dépassé.

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