Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

NOMINATION/Nicole Minder sera Madame Culture en Pays de Vaud

Ce n'est pas une farce. Dès le 1er avril, le canton de Vaud aura une nouvelle cheffe des affaires culturelles. Nicole Minder remplacera alors Brigitte Waridel, en poste depuis 1995. Cette dame d'un abord très agréable prendra sa retraite le 31 décembre. Il y aura donc un bref intérim assuré par un homme, ce qui semble devenu assez rare chez nos voisins lémaniques. 

J'ai connu Nicole Minder au Musée Jenisch de Vevey, alors dirigé par Bernard Blatter. Elle s'y occupait du Cabinet cantonal des estampes. L'ex-anthropologue et sociologue a réussi là quelques joli coups. Je me souvient notamment de ses expositions «Degas & Pissarro» ou Dürer. Elle a su mettre en valeur un beau fonds, tout en tentant de l'accroître au mieux.

Un défi difficile 

Et puis, en 2006, Nicole Minder est partie. L'envie, sans doute, d'un poste directorial à 44 ans. Elle a ainsi postulé pour le château de Prangins. Une charrue à chiens, comme aurait dit ma grand'mère. Le bâtiment avait connu une restauration aussi lourde que coûteuse, et en plus interminable. Il avait rouvert en 1998 dans la scénographie désastreuse de François de Capitani. L'ancienne directrice Chantal de Schoulepnikoff avait fini par jeter l'éponge, comme un boxeur sonné. Il fallait repartir non pas à zéro, mis plutôt en dessous de ce chiffre déjà peu flatteur. 

Nicole Minder a décroché la timbale. Elle entrait en fonction, avec comme co-équipière Hélène Bieri Thomson, ex-Fondation Neumann à Gingins. Les deux femmes ont monté quelques expositions. Elles ont surtout repris celles du Musée National Suisse, dont Prangins reste une filiale. Je n'ai guère là de souvenirs inoubliables. Le «Swiss Press Photo 2015», dont je viens de vous parler, se révèle ainsi très problématique.

Réaménager un château historique 

Le gros œuvre de Nicole et Hélène consistait en fait à réaménager le rez-de-chaussée du château, défiguré par un propos absurde, pour en restituer l'aspect de demeure aristocratique du XVIIIe siècle. On a redécoré les salles, installé des meubles ou des livres, et partout déployé des mètres et des mètres de tissu. «Noblesse oblige» marque certes un net progrès par rapport à la mouture précédente, mais tout cela sent quand même le décor rapporté. 

Il semble que le choix de Nicole Minder sur 33 postulants soit en partie dû au succès commercial actuel de Prangins. Chaque fois que j'y vais, la vaste demeure reste pourtant presque vide, le restaurant désert et je suis souvent seul à profiter de l'extraordinaire vue depuis la terrasse sur le Léman. Alors, où sont les dizaines de milliers de gens annoncés dan le chiffres officiels (1)? J'avoue parfois me poser la question... 

(1) Le Musée National Suisse annonce 300.000 visiteurs pour l'ensemble de ses sites à Zurich, Prangins ou Gandrio.

Texte intercalaire.

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