Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

No testiculi, no gloria.*

Comme vous tous, j’ai, dans ma tendre enfance, eu l’occasion de découvrir la grandeur passée de l’Empire romain, ses héros, ses parias, ses conquêtes, ses lupanars, ses orgies, ses jeux, ses empereurs mégalos ou fins stratèges, sa plèbe, ses esclaves, ses formations en tortue (merci Goscinny et Uderzo), et, évidemment, sa décadence, son démantèlement, bref, sa fin.

D’ailleurs, certaines raisons de cette chute historique se trouvent dans l’énumération ci-dessus, du moins, c’est ce que l’on veut nous faire croire… Car, toutes les grandes nations sont avant tout le fait de grands leaders, d’hommes capables de générer l’adhésion du peuple, de mener une politique, un pays, de rassembler. Evidemment, pour rassembler, il faut communiquer, partager ses idées et ses idéaux, défendre ses positions, argumenter. Or, s’exprimer en public n’est pas donné à tout le monde (demandez à François Hollande) et, preuve en est, seuls quelques grands orateurs ont marqué cette époque, dont Démosthène et Cicéron (faites comme moi, allez sur Wikipédia).

Pauvres Romains, il leur a manqué peu de choses, mais ce peu s’est avéré déterminant dans la gestion de leur immense territoire et de leur peuple : le Potestaspunctum. Pour les profanes : Powerpoint.

Si les Romains avaient eu Powerpoint, l’Histoire aurait sans doute été celle-ci :

César : Brutus, as-tu fait ton Potestaspunctum pour la réunion du Sénat du XX Mercedonius ?

Brutus : Zut, père… Malheureusement, j’ai eu un problème technique avec ma tablette de cire…

César : Tu quoque mi fili! Mais fais ton Potestaspunctum sur de la pierre, comme tout le monde… ah, cette génération « tablette »… toujours à la merci des nouvelles technologies….

Brutus : Combien de Slidi voulez-vous, père ?

César : Brutus ! On ne mesure pas la valeur d’un homme au nombre de Slidi, mais à leur contenu… Veni, vedi, potestaspuncti, comme on dit dans les hautes sphères.

Ca n’aurait pas changé grand-chose à la fin de César : Brutus aurait sans doute quand même assassiné son père pour éviter d’avoir à faire son Powerpoint. Cependant, cela aurait permis à tous ceux qui n’avaient soit aucun talent oratoire, soit pas le courage de partir au feu sans support, de pouvoir se raccrocher, de faire illusion, au moins dans la forme.

Heureusement, notre époque, elle, connaît Powerpoint. Et une croissance du nombre de slides produites inversement proportionnelles au nombre des idées et je parie que dans 2000 ans, les e-archéologues se délecteront des kilomètres de Powerpoint qu’ils retrouveront sur slideshare ou ailleurs, vestiges d’une époque dotée de tellement de présentations, et de si peu de présentateurs…

 

*Je vous laisse deviner

**Eh oui, là est la véritable origine de cette citation faussement contextualisée dans l’assassinat de Jules…

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