Nicolas Hou

FONDATEUR DE COLOSSE.CH

Nicolas Hou est le fondateur de la startup genevoise Colosse, co-fondateur de l'agence web J12 et WA TO DO. Il est également bénévole en marketing/branding pour la Fondation Compétences Bénévoles.

Après quelques années dans des entreprises de renom tels que Reuters, Honda et Apple, il lance sa société dont le tout premier produit LOKI a été sélectionné et récompensé par QoQa et Bilan. L'innovation et la créativité sont une obsession chez ce genevois sino-suisse fan de TED et des nouvelles technologies.

Après sa spécialisation en Marketing Management de l'Université d'Harvard et sa certification en Leadership d'HEC Paris, il s'intéresse aux avancées bio/technologiques (transhumanisme, robotique, I.A.) qui vont impacter notre société.

Voyant arriver la vague cybernétique nous tomber dessus sans prévenir, avec les conséquences économiques et sociales qu'elle va entraîner, il ne peut s'empêcher de communiquer les bienfaits, mais aussi les dangers de ce mouvement en marche. La robotique et les intelligences artificielles sont donc les principaux sujets qu'il aborde chez Bilan… en essayant de ne pas trop vous faire peur.

Une entreprise sans stratégie c'est comme un film sans scénario: ça flop au box-office!

Cela faisait un petit moment que je voulais interviewer Karel Leeflang, CEO et fondateur de la société Strategypod, car on parle souvent de big data (hey... je regarde Netflix comme tout le monde) mais peu de gens comprennent ce que toutes ces données signifient et surtout, comment les utiliser pour améliorer l'expérience utilisateur, le service, le business... enfin tout.

Karel n'est pas un petit "startuper" boutonneux qui lance une enième app. Non, son parcours a de quoi impressionner: directeur RH dans plusieurs entreprises mondialement connues telles que Barclays Bank, Cadbury Schweppes, JTI, Unilever. Il fonde Strategypod il y a de cela plus de 8 ans et est membre du board de Vidinoti SA et Corbion.

Ecrivant pour la rubrique "Robotique & AI", je ne pouvais que challenger Karel dans les défis qui nous attendent, surtout après ce qui est arrivé dû au COVID-19 et quelles stratégies une entreprise peut envisager pour traverser cette crise économique devenue maintenant historique.

  • Karel Leeflang, CEO de Strategypod



1. Bonjour Karel, pourrais-tu te décrire en quelques mots ?

Un entrepreneur soucieux du conseil axé sur la conduite d’analyse et la technologie

2. Quel est ton métier ?

Je suis conseiller en entreprise et je dirige une société de conseil internationale, multi culturelle et implémentée dans différents pays. Nous nous concentrons sur la recherche et la mise en œuvre de solutions pragmatiques qui permettent à la fois des améliorations rapides, de créer une énergie positive et de favoriser l'apprentissage continu.


3. Chez Strategypod, utilisez-vous les nouvelles technologies ? Si oui, comment ?

Notre travail dépend fortement de la technologie qui nous permet d’analyser efficacement les données disponibles. La plupart des entreprises sont noyées sous des données (Big data) qu'elles ne savent pas utiliser. Dans toutes ces données se cachent des informations uniques. Notre rôle est de les identifier pour aider à la prise de décision.

L'expertise de StrategyPod consiste à trouver, réunir, combiner, organiser et standardiser les données internes et externes utiles pour confirmer ou éliminer les « biases ». Pour cela, nous avons créé un ensemble d'algorithmes qui nous permettent de traiter les quantités massives de données en nous basant sur les technologies du Machine Learning et de l'Intelligence Artificielle (IA). Dans les cas où les données viendraient à manquer ou qu’elles n'existent pas, nous nous basons sur des hypothèses et des scénarios.

Nos mandats sont très diversifiés. Ils peuvent concerner la planification de scénarios pour une petite entreprise alimentaire, une solution d’analyse prédictive de maintenance pour un fabricant de camions bien connu, ou encore le développement d’une solution sophistiquée de gestion des performances pour une grande entreprise technologique. Ce dernier projet a été particulièrement stimulant car notre client opère dans 17 industries très diverses couvrant la fabrication de téléphones mobiles, d’équipements médicaux et des imprimantes industrielles 3D, ou encore le développement de technologies aéronautiques. Nous avons analysé et modélisé les performances actuelles et futures des concurrents dans chacun des secteurs d’activité en question afin d'obtenir un aperçu approfondi du potentiel d’amélioration .

Ceci a permis aux entreprises d’être mieux informées afin de prendre les bonnes décisions relatives à la fixation des objectifs et à l'allocation du capital ainsi que de procéder à des opérations de fusion et d'acquisition (M&A). Les solutions fournies sont désormais entièrement automatisées et permettent une analyse personnalisée et en temps réel des données pouvant provenir soit de l’interne soit de la concurrence.

Mais nous n'oublions jamais que c'est en finalité toujours à l’humain d'interpréter, de juger, d'équilibrer et de décider. Il est donc primordial que la technologie nous rende plus intelligents et nous aide à prendre des décisions éclairées. Dans ce contexte, la technologie ne pourra jamais remplacer l'homme.


4. La crise actuelle est une crise humaine. Penses-tu que la technologie nous sauvera ?

Avant tout, j’aimerai insister sur le fait que l’implication de l’humain a été essentielle à la sortie de la crise actuelle. Je pense notamment aux équipes médicales, aux employés des supermarchés, du service postal et aux nombreux fonctionnaires qui ont travaillé dur pour trouver des solutions afin de réduire la détresse humaine et économique causée par la crise. À une autre échelle, des millions de travailleurs virtuels ont du jongler entre le travail et la famille durant le confinement.

Ce nouveau modèle de travail nous a permis de collecter des quantités importantes de données qui nous permettront, après analyses, de mieux comprendre ce qui a bien fonctionné et ce qui a moins bien fonctionné dans la gestion de cette crise. Cela nous aidera également à apprendre et à nous préparer aux futures pandémies et crises. Je suis convaincu que oui, la technologie jouera un rôle majeur dans la création d'un monde qui sera mieux préparé pour affronter des épreuves futures.


5. De nombreuses entreprises s'appuient désormais sur des applications de vidéoconférence pour maintenir le contact humain. Cette approche du "travail à domicile" est-elle quelque chose qui restera après la crise ?

Oui, c'est sûr, mais la technologie n'est pas le cœur du problème ici. La technologie permettant de travailler de manière virtuelle et flexible existe depuis deux décennies et la plupart des entreprises ont déjà déployé les logiciels et les applications nécessaires. Le succès du travail virtuel dépend entièrement des pratiques des entreprises : les régimes de travail flexible ainsi que la gestion des performances basée sur les résultats ou sur la valeur créée (au lieu de la gestion du temps de travail) seront les clefs du succès futur.

Bien avant le début de la crise, peu d'entreprises avaient déjà expérimenté des formules de travail flexible. Aujourd’hui, ces entreprises les ont largement adoptées de façon virtuel impactant positivement la productivité de leurs employés. Une capacité necessaire aujourd’hui est que les dirigeants soient habitués à diriger des équipes virtuelles et à communiquer avec elles.

Cependant, trop d'entreprises avant cette crise n’avaient pas anticipé les besoins de travail virtuel et se sont retrouvées à devoir composer sur le tas. La frustration et la démotivation des employés qui essaient de faire de leur mieux mais qui ne bénéficient ni des pratiques ni de l'environnement, ni de l’encadrement nécessaires pour montrer le meilleur d'eux-mêmes, entraînent des baisses de productivité importantes. En outre, les dirigeants de ces entreprises sont généralement plus traditionnels et manquent de compétences et d'expérience pour gérer, se connecter et motiver des équipes virtuelles. Une fois les effets de la crise estompés, ces entreprises se retrouveront démunies pour retenir les resources clefs « talents".


6. Nous n'avons jamais autant utilisé les nouvelles technologies depuis le début de la crise. Ce genre de situation est-il un accélérateur ou un frein pour les entreprises ?

Je pense qu'il est légitime de dire que la plupart des technologies utilisées dans les entreprises aujourd'hui n'ont pas été optimales pour aider les équipes de direction à gérer cette crise. Je ne dis pas qu'elles sont obsolètes, mais ces technologies ont tendance à soutenir un processus particulier, et ce dont les dirigeants ont besoin en ce moment, ce sont des informations ciblées, transparentes et ponctuelles, qui soient à la fois inter-processus, inter-fonctionnelles et inter-entreprises. Dans la plupart des cas, les systèmes et les processus sont cloisonnés et ne permettent pas d’obtenir une transparence inter-fonctionelles.

Des cabinets de conseil spécialisés comme StrategyPod peuvent se déployer rapidement pour identifier les données sur les plateformes technologiques existantes et créer des aperçus pertinents et en temps réel sur la façon dont l'entreprise a évolué et évoluera pendant et après la crise. Cela aide clairement à l’accès à une meilleure information pour prendre des décisions dans un environnement extrêmement incertain.

Nous venons de terminer un projet de recherche global où 10% des entreprises interrogées ont indiqué que l'investissement dans les technologies lourdes était l'une de ses principales stratégies post crise (par exemple l'automatisation, la robotique, l'IA). Ces investissements s'appuieront par exemple sur l’IOT, les capteurs intelligents, le big data basé sur le cloud combiné à la 5G pour fournir des biens et des services de manière plus efficace.

Je crois fermement que nous assisterons à une accélération massive de l'utilisation des nouvelles technologies et de l'automatisation au sein des entreprises, des gouvernements et des autres organisations. Une nouvelle vague de numérisation va émerger, dans laquelle les entreprises créeront des organisations qui s’adapteront en temps réel et élaboreront constamment de nouveaux processus et approches autour d'une multitude d'applications et d'outils numériques différents.


7. Avec plus de 3 milliards de personnes dans le monde confinées chez elles, il est question d'accélérer les solutions robotisées telles que les voitures sans conducteur, les caisses automatiques, etc. Qu'en penses-tu ?

Il est inévitable que nous assisterons à une accélération des outils numériques, de l'automatisation et de la robotique dans le monde post-COVID.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des problèmes majeurs dans de nombreux secteurs où la dépendance à l'égard de l'homme dans notre monde confiné rendait difficile un fonctionnement sans heurts. Je suis sûr que nous verrons beaucoup plus d'automatisation dans l'agriculture ou dans la préparation des plats cuisinés. En automatisant et en robotisant davantage la logistique et la distribution, la livraison des marchandises deviendra encore plus efficace, notamment dans les services postaux et les supermarchés. Nous assisterons également à une forte progression des outils numériques qui remplaceront les tâches répétitives impactant notamment les services à la clientèle dans de nombreux secteurs, tels les banques, les assurances, les télécommuications et l'administration.

Inévitablement, cela supprimera certains emplois humains, notament ceux basés sur des tâches répétitives, mais cela créera également de nombreux nouveaux aures.


8. Le big data est-il une ressource importante pour la gestion des crises comme COVID-19 ? Comment l'utilisez-vous chez Strategypod ?

StrategyPod est entièrement axé sur le big data et l’analyse. Cela nous permet par exemple de fournir une analyse approfondie de la concurrence au sein d'un secteur, d'optimiser les performances du portefeuille de produits d'un client ou de construire des scénarios pour répondre à l'environnement post-COVID.

La compréhension et la gestion de la crise COVID dépendent fortement des données. Nous avons déjà vu l'utilisation étendue de la reconnaissance faciale en Chine, en Russie et à Singapour pour lutter contre la propagation du virus. Nous pourrons bientôt utiliser l'application COVID ici en Suisse qui nous avertira si nous avons été en contact avec une personne porteuse du virus afin que nous puissions chercher un traitement et protéger les autres de l'infection. En outre, de nombreux groupes de recherche et de pharmacie échangent des données sur les patients et les données cliniques afin de mettre au point des traitements et des vaccins plus efficaces le plus rapidement possible.

Même si je pense que la plupart des gens accepteront cette invasion numérique exceptionnelle dans la sphère privée, cela met en évidence la nécessité de trouver une approche structurelle et globale de la protection des données.

Enfin, l'ampleur des analyses de données mondiales nécessaires à un effort comme COVID-19 signifie en réalité que seules quelques entreprises comme Google, Apple, Amazon, IBM et Alibaba peuvent soutenir ces super-projets.


9. Comment penses-tu qu'une forte IA aurait pu nous aider en ces temps difficiles ?

Je pense que l'IA est extrêmement prometteuse pour l'avenir, mais je pense aussi qu'en ce moment, l'IA n'en est qu'au début de sa promesse. Son application actuelle est encore relativement limitée. Avant de nous appuyer sur l'IA pour des décisions majeures qui ont un impact sur la vie quotidienne, nous devons être capable d’identifier et d’isoler les interpretations biaisées de l'IA et d’élaborer des approches intelligentes pour les réduire.

De plus, je suis fermement convaincu que la technologie doit rendre les humains mieux informés et plus intelligents. Sa valeur et son opportunité énorme résident dans la collaboration entre la technologie (y compris l'automatisation et la robotique) et les humains. Si cela nous permet d'être plus prévoyants, de faire moins d'erreurs et, d'une manière générale, de nous adapter beaucoup plus rapidement aux changements, nous en profiterons tous.


10. Quand une crise arrive, on a vu que beaucoup de startups arrivent à se retourner très vite pour maintenir une activité économique, mais aussi de plus grandes entreprises (General Motors qui fabrique des respirateurs ou Armani qui fabrique des masques par exemple) changent de stratégie. Est-ce le cas chez Strategypod ? Comment cela fonctionne-t-il en pratique ?

Depuis de nombreuses années, StrategyPod travaille avec ses clients pour créer des activités de capital-risque fructueuses, des centres d'innovation percutants ou plus généralement pour accélérer le changement afin d'obtenir une meilleure progression et de meilleurs résultats de leurs efforts d'innovation.

Même si certaines grandes entreprises connaissent des succès importants en matière d'innovation et font preuve d'une forte capacité à changer rapidement, il est également juste de dire que cela est beaucoup plus facile pour une petite entreprise. Imaginez une start-up de 5 à 10 salariés. De par sa conception, une start-up est une entreprise plus flexible et peut donc prendre très rapidement des décisions sans conséquences négatives majeures. C’est bien différent pour une grande entreprise, qui est conçue pour la stabilité. Elle a des engagements envers ses clients, ses employés et ses fournisseurs ; Il serait irresponsable de la part des dirigeants d’accelerer le changement, ce qui mettrait potentiellement l'avenir de l'entreprise en danger.

Il est vraiment difficile de procéder à un changement radical et rapide à grande échelle. Certaines grandes entreprises peuvent le faire, mais malheureusement la plupart n’y arrivent pas. Il est très inspirant d’en voir certaines s'adapter rapidement et mettre à profit leurs technologies, leur expertise et leurs ressources. En une semaine, Firmenich a adapté son usine de Genève pour fabriquer plusieurs tonnes de désinfectant. Dans des circonstances normales, cela aurait occupé une équipe de projet de 35 personnes travaillant pendant au moins 9 mois! Pensez aussi à l'écurie Mercedes F1 au Royaume-Uni qui fabrique des ventilateurs pour les hôpitaux et à Zara qui fabrique des vêtements et des masques de protection. Ces quelques exemples mettent en évidence un leadership fort et du courage, mais aussi un objectif clair de l'entreprise, une culture de la réussite et un personnel très engagé, qui sont ensemble les clefs de la réussite.


11. Chez Strategypod, vous avez mis en place une solution de gestion du rebond - #REBOUNDNOW - pour que les entreprises puissent rebondir après la crise. Comment la technologie vous aide-t-elle dans cette stratégie ?

La préparation à la relance est nécessaire car la plupart des entreprises connaissent une baisse importante de leurs revenus avec des perspectives qui restent très incertaines. Cela rend la planification traditionnelle inutile. Nous travaillons avec nos clients pour élaborer une série de scénarios d’entreprises post-COVID. Nous utilisons pour cela notre technologie et nous nous basons sur les informations disponibles ; lorsqu'il n'y a pas de données, nous élaborons des hypothèses et procédons à des simulations. Ces scénarios facilitent la prise de décision, l'alignement et la mise en œuvre des changements par l'équipe de direction.

Cette approche de planification de scénarios permet à l'entreprise de revoir et d'actualiser constamment ses décisions et d'ajuster ses plans de mise en œuvre. Toutefois, sans une solution numérique, cette tâche est quasiment impossible.

La plupart des entreprises ont besoin de plusieurs semaines pour collecter, intégrer et consolider les données et les rapports d'information nécessitant beaucoup de travail manuel. L’information obtenue est souvent erronées ou périmée à ce moment là car des changements surviennent chaque jour. Les entreprises ont plutôt besoin de mises à jour quotidiennes ; pour cela, elles doivent raccourcir considérablement le cycle d'information couvrant la finance et la chaîne d'approvisionnement et de distribution.

Seule une innovation numérique majeure peut permettre rapidement un accès agile et rapide à des flux de données granulaires. : chez StrategyPod, nous appelons cela notre « fine couche numérique ».

Enfin, la planification stratégique à l'avenir evoluera rapidement vers un modèle agile : les dirigeants d'entreprises adapteront et ajusteront constamment et en temps réel les décisions prises en fonction des dernières données ou d'hypothèses. Cette évolution s’appuiera sur la mission de l'entreprise (pourquoi le faisons-nous) et sur sa culture (comment travaillons-nous ensemble).


12. Question "Chill out" - Strategypod analyse tellement de données qu'une IA forte se crée et se réveille. Comment l'appeles-tu ?

 
Ce serait probablement quelque chose comme "l'Intelligence Humaine Augmentée" ou IHA. Mais cela résonne en fait comme le nom d’un autre virus......peut-être vaut-il mieux ne pas lui donner de nom !


Merci Karel

Karel Leeflang
CEO de Strategypod
strategypod.com

#REBOUNDNOW

Je parlais de Netflix dans mon introduction et ce n'était pas un hasard, une entreprise qui n'a pas de stratégie, c'est un peu comme un film sans scénario. L'interview de Karel démontre parfaitement comment le big data, l'IA et autres technologies vont pouvoir nous aider dans ces moments difficiles, même si en fin de compte, l'humain reste toujours et encore la solution de ses propres problèmes: n'oublions tout de même pas que ce sont nous qui avons aussi permis au COVID-19 de nous trouver et de se propager. Nul doute que d'autres virus se réveilleront et ce sera alors à nous d'être prêts

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