Nicolas Hou

FONDATEUR DE MINISTRY OF CUTENESS

Nicolas Hou est le fondateur de la startup genevoise Colosse, co-fondateur de project HERO et président de Ministry Of Cuteness. Après quelques années dans des entreprises de renom tels que Reuters, Honda et Apple, il lance sa société dont le tout premier produit LOKI a été sélectionné et récompensé par QoQa et Bilan. L'innovation et la créativité sont une obsession chez ce genevois sino-suisse fan de TED et des nouvelles technologies.

Après sa spécialisation en Marketing Management de l'Université d'Harvard et sa certification en Leadership d'HEC Paris, il s'intéresse aux avancées bio/technologiques (transhumanisme, robotique, I.A.) qui vont impacter notre société.

Voyant arriver la vague cybernétique nous tomber dessus sans prévenir, avec les conséquences économiques et sociales qu'elle va entraîner, il ne peut s'empêcher de communiquer les bienfaits, mais aussi les dangers de ce mouvement en marche. La robotique et les intelligences artificielles sont donc les principaux sujets qu'il aborde chez Bilan… en essayant de ne pas trop vous faire peur.

COMETS : Margot Rischmann ★ Language Coaching Geneva

Salut à tous, aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Margot Rischmann, directrice et fondatrice de Language Coaching Geneva. Avec un parcours corporate dans la poche, elle décide de lancer sa propre école de langue orientée "business" car elle a remarqué un vide dans ce secteur.

Véritable polyvalente (et polyglotte), elle a parcouru le monde entier à travers ses études et travail ce qui lui a permis de s'enrichir culturellement avec des expériences humaines dans plusieurs cultures différentes.

Artiste-peintre à ses heures, je voulais avoir son opinion sur les nouvelles technologies et comment celles-ci pouvaient influencer son domaine du coaching linguistique et business.

01. NH - Salut Margot, peux-tu te décrire à nos lecteurs en 10 mots-clefs?

M - Dynamisme, cosmopolite, polyglotte, versatile, curiosité, relations humaines, commerce, entrepreneur, empathie et innovation.

02. NH - Quel est ton métier?

M - Mes métiers consistent à enrichir la vie des gens en les inspirant à mieux communiquer avec l’international dans une langue étrangère à travers nos valeurs d’enseignement : la passion, l’efficacité, la positivité et l’empathie. Je suis, depuis 2015 la fondatrice de la société ‘Language Coaching Geneva’. Formatrice en langues étrangères du monde des affaires, je suis également coach en accompagnement professionnel pour les expatriés et les professionnels ainsi que coach culturel et consultante business.

Ce qui me différencie principalement sur le marché est que je viens du monde de l’entreprise ce qui me rend capable de comprendre les besoins des sociétés et donc d’offrir des formations de qualité 100% sur mesure aux employés.

Je suis trilingue, j’ai vécu, travaillé et étudié dans six pays et pour une dizaine d’industries différentes, ce qui me permet d’offrir un retour sur investissement substantiel à mes clients.

C’est en positionnant systématiquement nos clients au centre de tout ce que nous faisons que nous réussissons à atteindre et à dépasser les objectifs fixés en devançant leurs attentes. Nous sommes spécialisés dans l’apprentissage des langues étrangères sur mesure.

La méthode LCG est innovante, ludique et propose des cours de langue personnalisés. Elle se base sur les compétences d’excellents formateurs natifs, dotés d’un parcours professionnel hors pair et pour certains d’un sens aigu des affaires. Cette complémentarité nous démarque considérablement sur le marché, car elle permet de se mettre à la place de nos interlocuteurs et de, par conséquent, leur apporter un retour sur investissement incomparable. En effet, nous comprenons ce que l’entreprise attend de ses employés ainsi que les enjeux économiques et sociaux auxquels ils sont confrontés. De ce fait, nous nous adaptons aux demandes de chacun et ensemble, nous établissons et planifions, selon leurs objectifs et leurs emplois du temps, un programme adapté.

Notre image de marque attire principalement une clientèle haut de gamme et de grandes entreprises telles que des multinationales ou les organisations internationales.

03. NH - Es-tu "technologique"? Si oui, comment est-ce que tu utilises cette technologie dans ton activité?

M - La technologie est capitale dans le domaine de l’éducation, car elle a le pouvoir de faciliter l’apprentissage, de le personnaliser, de le rendre ludique et accessible à tous. Au sein de mon activité, j’oeuvre pour rester systématiquement informée des avancées technologiques à la pointe de l’industrie dont je fais partie, particulièrement pour tout ce qui concerne l’apprentissage des langues étrangères et du commerce international. En outre, je communique régulièrement les dernières tendances à mes clients afin de faciliter l’apprentissage de la langue, que ce soit une application pour téléphone portable, des podcasts, des vidéos, des livres audios ou les dernières oreillettes en vogue. Certains d’entre eux voyagent passablement et la technologie nous permet leur apporter de la flexibilité et la possibilité de s’entraîner de manière ininterrompue. En parallèle, je mets à l’honneur le fait d’automatiser mon école à plusieurs niveaux clés pour la rendre le plus autonome et rentable possible.

04. NH - Aujourd’hui il existe des écouteurs qui peuvent traduire un texte ou une personne en temps réel. Penses-tu qu’apprendre une langue ait encore un sens?

M - Ces avancées technologiques peuvent apporter une aide et un soutien dans des domaines précis et peuvent potentiellement réduire les coûts. Néanmoins, je suis sceptique quand aux capacités des traducteurs automatiques à traduire les subtilités linguistiques de façon précise. Cependant, je reste optimiste et ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve en termes de développement.

Apprendre une langue en face à face fait encore définitivement du sens à mes yeux et à ceux de nos clients. En effet, la plupart d’entre eux ont témoigné ne pas souhaiter faire de cours en ligne car certains facteurs comme le langage corporel, l’énergie, les échanges en face à face, le contact humain et les émotions demeurent irremplaçables, particulièrement dans nos sociétés où l’isolement s’accroît et où les interactions humaines se raréfient.

05. NH - Notre société bouge de plus en plus vite avec des modèles business qui n’arrêtent pas d’évoluer (UBER, Amazon...). Est-il finalement important d’étudier le business?

M - Étudier le business est une opportunité, car malgré le rythme frénétique de la société et ses évolutions constantes, cela apporte des bases robustes telles que : apprendre à apprendre, développer un esprit critique, la synthèse, parler en public, écrire, acquérir des connaissances générales, certains concepts fondamentaux, la discipline, l’écoute, le travail en équipe et plus particulièrement la possibilité de se créer un réseau déterminant pour notre avenir professionnel. Toutefois, l’apprentissage du business n’est pas indubitablement indispensable pour réussir comme l’ont déjà prouvé d’innombrables autodidactes.

06. NH - Coacher quelqu’un ou une entreprise demande d’être physiquement présent. Si je pouvais te cloner à l’identique et en faire un androïde, est-ce que tu l’enverrais chez un client?

M - Si aujourd’hui on me proposait d’acheter ou de louer un robot qui parle trente langues parfaitement, à qui l’on aurait programmé un traducteur automatique, le sens de la répartie, le sens de l’humour, des principes d’éthique business et qui en plus pourrait s’interchanger en employé sur demande, alors OUI je serais preneuse.

07. NH - Le mot « Business » vient de « busy-ness » à savoir « occupé ». Si l’on imagine un monde où les robots feront tout, aurons-nous encore un intérêt à monter un business?

M - Oui, car il nous faudra les programmer à notre image de marque et les faire évoluer en parallèle de nos activités.

08. NH - En tant qu'indépendant/entrepreneur, comment vois-tu l'avenir du travail de manière général?

M - Je pense que l’intelligence artificielle fait déjà partie intégrante de nos vies quotidiennes. Est-ce qu’un jour la machine arrivera à atteindre l’intelligence humaine ? C’est tout à fait possible.

Au 21 ième siècle dans une économie de la connaissance, l’IA et l’intelligence humaine vont être la clé de tous les pouvoirs. Bien contrôler les cerveaux technologiques sera la clé du pouvoir géopolitique et économique. Devons- nous craindre de perdre nos emplois au profit du robot ? Beaucoup se posent cette question.

L’IA est toujours programmée par un humain et le robot autonome n’a que les capacités qu’on voudra bien lui donner. Je ne suis pas sure que le robot puisse acquérir de nouvelles capacités par lui-même et qu’il puisse un jour nous échapper.

Là où nous devrons être vigilant, c’est d’envisager la face sombre de l’AI. Récemment, Vladimir Poutine a dit que celui qui dominera l’AI dominera le monde.

Qui sera tenu responsable légalement des actions de certains robots ? Nous n’avons pas encore mis cela en place. (arme à feu qui tue quelqu’un par exemple). Je pense que l’AI est entrain et va continuer à considérablement améliorer nos vies dans beaucoup de domaines. Néanmoins, l’envers de la médaille et ses côtés obscurs ne sont pas à prendre à la légère, car ils peuvent être destructeurs.

En tant qu’entrepreneur, je crois que le développement de l’AI est positif pour nos sociétés même si cela engendre beaucoup de changements et de nouveautés.

09. NH - Les nouveaux casques de réalité virtuelle donnent vraiment l’impression d’être à un endroit physiquement. Penses-tu que l’avenir de la mise en réseau se fera dans un monde 3D quasi identique au monde réel?

M - Parmi nos communautés hyper connectées, le networking virtuel à un avenir qui se dessine de plus en plus sur une échelle globale particulièrement à travers les réseaux sociaux qui ont révolutionné le monde du réseautage.

Pourtant, networker physiquement offre malgré tout d’indéniables avantages tels que mieux communiquer à travers la communication non verbale ou montrer sa valeur en personne.

J’ai récemment participé à une formation sur internet aux États-Unis avec des participants du monde entier avec qui j’ai eu la possibilité de networker.

Au sein de ma société, nous engageons actuellement et sommes régulièrement contactés par des professionnels du monde entier qui sont prêts à venir s’installer en Suisse en échange d’un contrat. Une personne basée en Afrique du Sud nous a récemment contacté!

10. NH - On te propose un Revenu inconditionnel de base suffisant pour vivre (loyer, manger, soins, etc). Que fais-tu de ton temps?

M - Je fais un tour du monde, je reprends mes activités qui me passionnent exactement tel quel et je me lance dans plusieurs autres projets qui me tiennent également à coeur.

11. NH - Je t'offre l'immortalité en te "téléchargeant" dans un monde 3D idéal (à la Matrix) ou en restant dans notre monde physique, mais dans le corps d'un robot parfaitement identique à un humain visuellement (à la Bladerunner). Tu acceptes? Pourquoi?

M - J’accepte pour l’expérience et parce que je suis curieuse dans notre monde physique sous certaines conditions.

Question "On s'détend". NH - On te demande de coacher une intelligence artificielle les premières semaines le temps qu’elle comprenne l’humain. Tu acceptes? Qu’est-ce que tu lui apprends en premier?

M - J’accepte, pour le challenge. Je commencerais par leur apprendre l’anglais , la langue de référence mondiale, pour que l’on puisse communiquer ainsi que la grammaire.

NH - Merci Margot!

Margot Rischmann Directrice de Language Coaching Geneva Language Coaching Geneva __________________________

Parler une langue n'est pas qu'une compétence technique, c'est également une compréhension de l'autre et de sa culture. Les nouvelles technologies vont certes rendre les traductions plus faciles, mais sauront-elles quel mot utiliser au bon moment pendant une négociation de contrat? Sauront-elles percevoir la subtilité d'une coutume lors d'un business lunch? Margot pense que même si les machines seront là, les humains continueront d'apprendre des langues et si à terme ce sera moins pour les pratiquer, ce sera en tout cas pour se rapprocher d'une culture qui s'ouvre à nous.

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