Nicolas Hou

FONDATEUR DE COLOSSE.CH

Nicolas Hou est le fondateur de la startup genevoise Colosse, co-fondateur de project HERO et président de Ministry Of Cuteness. Après quelques années dans des entreprises de renom tels que Reuters, Honda et Apple, il lance sa société dont le tout premier produit LOKI a été sélectionné et récompensé par QoQa et Bilan. L'innovation et la créativité sont une obsession chez ce genevois sino-suisse fan de TED et des nouvelles technologies.

Après sa spécialisation en Marketing Management de l'Université d'Harvard et sa certification en Leadership d'HEC Paris, il s'intéresse aux avancées bio/technologiques (transhumanisme, robotique, I.A.) qui vont impacter notre société.

Voyant arriver la vague cybernétique nous tomber dessus sans prévenir, avec les conséquences économiques et sociales qu'elle va entraîner, il ne peut s'empêcher de communiquer les bienfaits, mais aussi les dangers de ce mouvement en marche. La robotique et les intelligences artificielles sont donc les principaux sujets qu'il aborde chez Bilan… en essayant de ne pas trop vous faire peur.

COMETS : Brahima Soukouna ★ IPLocked

Invité un peu spécial aujourd'hui car j'accueille un ancien camarade d'Harvard, Brahima Soukouna. Après quelques années passées dans des organisations internationales comme conseiller légal pour La ligue Internationale des Droits de L'homme, il décide de se lancer dans l'aventure entrepreunariale en créant sa startup IPLOCKED. Passionné par les nouvelles technologies, en particulier par tout ce qui touche le blockchain, je me devais de lui poser quelques questions pour nos lecteurs qui n'ont toujours pas saisi l'importance de cette technologie.


Invité un peu spécial aujourd'hui car j'accueille un ancien camarade d'Harvard, Brahima Soukouna. Après quelques années passées dans des organisations internationales comme conseiller légal pour La ligue Internationale des Droits de L'homme, il décide de se lancer dans l'aventure entrepreunariale en créant sa startup IPLOCKED. Passionné par les nouvelles technologies, en particulier par tout ce qui touche le blockchain, je me devais de lui poser quelques questions pour nos lecteurs qui n'ont toujours pas saisi l'importance de cette technologie.


  1. Salut Brahima, pourrais-tu te décrire en cinq mots-clés?
    - Geek, loyal, bienveillant, passioné, créatif.

  2. Quelle est ta profession ?
    - Conseiller en propriété intellectuelle et en blockchain.

  3. Mais c'est quoi la blockchain?
    - C’est avant tout une promesse. La promesse que chacun d’entre nous puisse librement échanger des biens et des services partout dans le monde, en toute sécurité. L’intérêt, c’est qu’il n’y a plus d’organisme tiers pour arbitrer les échanges.
    Techniquement, c’est une base de données ultra-sécurisée, et chaque opération intégrée dans cette base de données devient non modifiable et inaltérable. Avec pour avantage certain que les opérations sont accessibles afin que chacun puisse juger de la véracité des informations.

  4. Pour le « commun des mortels », blockchain veut dire « cryptomonnaie », mais ce n’est pas le cas. Aussi, comment démystifies-tu cela ?
    - La blockchain est souvent confondue avec les cryptomonnaies comme le bitcoin, l’ethereum, le litecoin, le neo, etc., car le secteur de la finance, spécifiquement de la monnaie, a été le premier touché par cette technologie, en raison d’un manque de transparence.
    Toutefois, expliquer que la technologie blockchain et les cryptomonnaies sont la même chose est inexact. En quelques mots, la blockchain est la technologie qui sécurise l’utilisation des cryptomonnaies.
    Très rapidement, les gens ont compris qu’il était possible de se passer des entités qui dictent la valeur de la monnaie d’un pays. C’est pourquoi l’achat de cryptomonnaie de manière générale a explosé.

  5. As-tu des exemples de start-up qui intègrent la blockchain dans leur industrie ?
    - Il existe de nombreux exemples, notamment :

    · dans le secteur alimentaire, tout comme IPLocked le prévoit dans son plan de développement « MadeinSwiss », la société Walmart, qui a créé un registre blockchain pour plus de transparence sur la traçabilité des aliments depuis la ferme à la table ;
    · dans le secteur de l’assurance, la blockchain zurichoise B3i, qui propose d’utiliser le système des « smart contracts » (les contrats intelligents), pour réduire les délais de versement des indemnisations grâce à une accélération du partage des données avec les agents qui gèrent les sinistres ;
    · dans le secteur du transport, la société Arcade City, qui propose d’utiliser la blockchain pour mettre en relation directe les chauffeurs et les passagers, sans intermédiaire de gestion des revenus des chauffeurs ;
    · dans le secteur de la finance, la société Ripple, qui propose de réaliser des transactions financières internationales sécurisées, à faible coût (taux de change du marché et frais de minage).

  6. Mais au fait, comment définis-tu la propriété intellectuelle ?
    - Lorsque l’on fait référence à une invention révolutionnaire, un excellent logo, la qualité d’un livre, le design d’un produit, nous sommes déjà au sein de la propriété intellectuelle. Par définition, il s’agit de la protection de l’œuvre issue de votre créativité et de votre esprit !

  7. Ta start-up, IPLocked, est fondée sur la notion de blockchain. Comment est-elle née ?
    - IPLocked est une plate-forme de certification décentralisée qui permet de certifier des créations et des inventions, et de créer facilement des contrats et des licences pour l’utilisation des créations : www.iplockedoffice.com .
    L’histoire est assez simple : j’étais sur les bancs de la prestigieuse université de Harvard à Boston lorsque deux amis me contactent en m’annonçant qu’ils ont quitté leur job respectif pour créer une start-up. Je me souviens de leurs propos : « Nous n’avons aucune connaissance en propriété intellectuelle. Nous ne savons pas comment protéger notre création, quoi protéger. Nous avons très peu d’argent et nous souhaiterions parler à des investisseurs. »
    Au cours de notre conversation, je me suis rendu compte qu’il existe une très grande catégorie de personnes, de start-up, d’artistes et d’inventeurs, qui sont contraints de laisser leur création non protégée faute de financement et de confiance envers les institutions de protection de la propriété intellectuelle. C’est à ce moment que IPLocked est née !

  8. Quels services peux-tu offrir au public ? As-tu un exemple ?
    - L’idée est de permettre à toute personne – artiste, inventeur, « startuppeur », entrepreneur, indépendant – d’accéder à une protection résiduelle de sa création et de son invention, ainsi qu’à des conseils en propriété intellectuelle. IPLocked propose plusieurs types de services dans ce domaine : stratégie, audit, conseil, brainstorming, etc. La nouveauté réside dans la mise en place de certificats d’authenticité des créations et des inventions.

    Un exemple très simple : vous avez créé un logo pour votre start-up et vous n’avez pas l’argent pour vous rendre auprès d’une institution publique et l’enregistrer sous le droit des marques. Grâce à IPLocked, vous pourrez protéger votre logo sous l’égide du droit d’auteur. IPLocked vous fournit la preuve que le logo est bien votre création en l’inscrivant dans une blockchain. Vous pourrez alors prouver à tout moment que vous êtes le titulaire des droits de ce logo.

  9. En 2008, le bitcoin a été créé suite à un ras-le-bol général contre les institutions bancaires (Wall Street). Est-ce qu’IPLocked est aussi dans cette révolution numérique qui vise à redonner le pouvoir au peuple ?
    - Le constat actuel est que les gens n’ont plus confiance dans les institutions. IPLocked est une communauté à la recherche d’un équilibre, avec l’objectif de rendre plus transparentes les opérations liées à la propriété intellectuelle, mais surtout de donner la possibilité à ceux qui n’en ont pas les moyens de protéger leur propriété intellectuelle. En quelque sorte, utiliser les services d’IPLocked est un acte militant qui vise à faire mieux émerger la créativité, en rupture avec les classes sociales !

  10. Quelle est la différence entre une institution publique de protection de la propriété intellectuelle et une start-up comme la tienne, fondée sur la notion de blockchain ?
    - IPLocked est une start-up qui n’a pas vocation à remplacer les institutions publiques, mais au contraire à représenter la marche qui sépare ceux qui possèdent des créations et des inventions, et les institutions publiques comme l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Son directeur général Mr. Francis Gurry évoquait la blockchain comme une solution en matière de propriété intellectuelle et il avait raison. C’est une personne pour qui j’ai la plus grande sympathie et j’espère avoir la chance de collaborer avec l’OMPI dans une relation secteur privé et public pour assurer un service de qualité à nos clients.

    IPLocked agit sur le terrain de la preuve et du droit d’auteur, ce qui permet de casser les frontières instantanément, contrairement aux institutions qui sont nationales. En quelques heures, vous disposez d’une preuve utilisable dans les 164 pays signataires de la convention de Berne sur le droit d’auteur et de l'accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce.

  11. OK, alors admettons qu’on vienne te voir et qu’au même moment, une autre personne présente son dossier auprès d’une institution publique, qui a les droits ?
    - À la réception d’un dossier, l’institution publique doit vérifier qui est le véritable titulaire des droits de la création. Autrement, elle protégerait une œuvre délictuelle. Le certificat blockchain d’authenticité est un élément de preuve qui pourra être utilisé pour s’opposer à un acte de contrefaçon. Si les personnes chargées d’évaluer le dossier sont intègres et que vous prouvez que vous êtes le propriétaire de la création, le dossier adverse sera rejeté. Parallèlement nous effectuons des recherches d’antériorités avant de vous donner un certificat, ce qui réduit considérablement ce risque. Toutefois, le risque zéro n’existe pas.

  12. Admettons (et je te le souhaite !) qu’IPLocked cartonne, feras-tu une IPO [une introduction en Bourse] en revenant donc à l’ancien système, ou iras-tu jusqu’au bout en redistribuant la valeur à tout le monde ?
    - Tout contributeur à notre projet recevra des jetons IPLocked, ce qui lui permettra de recevoir les valeurs générées de cette société. Je considère que la propriété intellectuelle appartient à tout le monde. L’idée est que, où que vous soyez dans le monde, qu’il s’agisse de vous-même ou des prochaines générations, vous puissiez bénéficier de la protection de votre création ou de votre invention, et que vous ne soyez pas contraint de les céder à des grands groupes, faute de moyens. Apple est né dans un garage, ne l’oublions pas. C’est pourquoi j’invite tout le monde à contribuer à notre campagne de crowdfunding que nous mettons en place sur le site Kickstarter.

  13. J’ai une baguette magique : je te donne le choix entre une tonne d’or ou 100 000 bitcoins… Que choisis-tu ?
    - Ha, ha ! Excellent ! Une tonne d’or, c’est 1 000 kilos. Un kilo d’or revient à l’achat à 34 000 dollars, tandis qu’un bitcoin vaut 4 500 dollars. Le calcul est vite fait : je préfère 100 000 bitcoins, pour des raisons de conviction et aussi du fait de sa valeur actuelle.

Merci Brahima!

Brahima Soukouna
IPLocked
www.iplockedoffice.com


Il n'y a aucun doute, la blockchain est une technologie qui va nous envahir au même titre qu'internet l'a fait il y a plusieurs années. Née d'un ras-le-bol général de système centralisé, la blockchain va disrupter beaucoup de secteurs et de métiers, la startup IPLocked de Brahima en est l'exemple. De grosses institutions vont devoir jouer avec les nouveaux arrivants, poussés par ce désir d'avoir plus d'équité dans un monde encore dirigé par des usines à gas.

Comme tout modèle disruptif, la blockchain aura son lot de métiers et secteurs sacrifiés pour une gestion plus optimale et moins coûteuse. C'est pour cela que nous ne pouvons plus nous contenter d'apprendre un seul travail mais être assez agile pour pouvoir changer de vie au bon moment. Sommes-nous prêts pour ces vagues de technologies qui vont nous tomber sur la tête? Est-ce que nos enfants le seront? Brahima a démontré qu'avec une idée et une technologie forte, il est possible de se réinventer et innover.


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