Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

NEW YORK/Le "Met" sera dirigé par Max Hollein. Un choix contesté

Crédits: DPA

C'est un choix controversé. Le Metropolitan Museum of New York sera dirigé par Max Hollein, 48 ans. Le Viennois devient le dixième homme à la tête de la prestigieuse institution privée depuis sa fondation. Un musée depuis plus d'un an dans la tourmente. Son prédécesseur Thomas Campbell avait dû démissionner. Ce monsieur au nom de soupe avait échoué à trouver le financement pour une nouvelle contemporain à 600 millions de dollar. Il avait provisoirement été remplacé par Daniel A. Weiss, qui restera «chief executive». Le poste suprême s'est en effet vu coupé en deux. Hollein ne sera que «director», autrement dit chargé du programme et des nouvelles acquisitions. 

Qu'est-ce qui ne va pas avec cet homme qui a précédemment été au Guggenheim de New York avant de passer à Francfort par la Kusnsthalle, le Städel et le Liebighaus avant de finir au Fine Art Museum de San Francisco? Tout dépend des personnes qui se sont exprimées. Pour les uns, l'Autrichien reste avant tout un financier, capable de trouver d'énormes sommes d'argent. Le «Met» en a bien besoin. Il va d'ailleurs lourdement taxer ses visiteurs étrangers. Les dollars vont aujourd'hui au MoMA, vu le boom de l'art contemporain. Or Hollein, autre reproche, reste surtout un homme tourné vers la création actuelle, qui reste normalement marginale au «Met», dont les buts se veulent par principe généralistes.

Contestation féministe 

Mais ce n'est pas tout! Hollein est un homme. Blanc. Et on sait à quel point la couleur de peau et le sexe jouent aujourd'hui un rôle majeur. Si nul ne conteste ses mérites, certaines voix se sont fait entendre pour demander pourquoi le choix n'était pas tombé sur une femme. Noire de préférence. Pas forcément handicapée tout de même. Le débat actuel est empoisonné par ce genre de considérations. Et ceci d'autant plus que plusieurs directrices états-uniennes de musée ont récemment démissionné. Le «Met» n'a compté aucune femme à sa tête en 150 ans. A Londres, la situation semble plus calme depuis la mise à la tête des Tate de Maria Balshaw. A Paris, Laurence des Cars a pris celle d'Orsay. Même les musées du Vatican dont aujourd'hui Barbara Jetta à leur sommet. Une fort jolie femme d'ailleurs, alors que l'on peut difficilement qualifier Max Hollein de bel homme. Mais que ceci reste entre nous.

Photo (DPA): Max Hollein.

Texte intercalaire.

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