Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

NET/Un site signale les 2000 expositions à voir dans le monde

En dépit de la crise et de la phénoménale augmentation de leurs coûts, les expositions ne cessent de croître en nombre. C'est une boule de neige se transformant en avalanche. Toute cité se respectant un tant soit peu doit proposer à ses habitants et aux touristes davantage de manifestations temporaires chaque année. Régresser serait capituler, voire mourir. 

Seulement voilà! Comment s'y retrouver dans cette masse informe, dispersée en Europe de l'Italie à la Scandinavie en passant par la Suisse? Jusqu'ici, les revues d'art de la plupart des pays proposaient chaque mois des panoramas nationaux. Il existait aussi des numéros exceptionnels. Je me souviens que «Beaux-Arts Magazine» consacrait son numéro de juillet-août aux «1000 expositions de l'été». Un nombre aussi frappant qu'arbitraire. La France s'y voyait complétée par quelques blockbusters étrangers.

Un panorama global 

Aujourd'hui, Internet a tout balayé. «Connaissance des arts», la doyenne des revues parisiennes (mes parents la lisaient déjà au début des années 1950), propose ainsi un agenda sur son site www.connaissancedesarts.com Cette rubrique se retrouve sur sa page d'accueil parmi d'autres. Elle reste assez «hexagonale». Pour avoir un panorama plus global vient de se créer un site sur Showonshow. Il développe des ambitions planétaires. Rencontre avec son concepteur Philippe Fouchard-Filippi, que je connais depuis une quinzaine d'années. Signe annonciateur, il travaillait alors pour une agence de communication nommée Agenda... 

Comment l'idée est-elle née d'un panorama mondial des expositions en cours et à venir, que l'amateur peut aujourd'hui retrouver sur www.showonshow.com?

M'occupant d'une agence de communication travaillant beaucoup avec l’Angleterre ou l'Espagne, j'envoyais régulièrement des communiqués aux journalistes sur leur boîte mail. C'était ce que l'on appelle du «push». Il s'agissait de leur signaler des manifestations clairement identifiées en donnant les renseignements de base, comme les dates, et en ajoutant un court texte de présentation. 

Vous avez donc passé à la pointure au dessus?
Si l'on veut. Il y avait depuis 2012 un «mailing» de deux ou trois messages par semaine. Ils arrivaient à 22.000 journalistes internationaux et à 3500 professionnels, comme les gens de musée. Le nombre peut sembler énorme. Il est dû aux filières mises en place au fil du temps. Téléchargeables, ces communiqués figuraient aussi sur notre site. Les personnes intéressées pouvaient également puiser là des images. Nous restions respectueux des gens. Nous connaissions le nombre de clics sans savoir qui empoignait sa souris. Nous n'avons jamais utilisé de «cookies». 

Et maintenant?
L'agenda en ligne a été lancé fin mai. Il reste donc tout jeune. Dans l'agence, nous sommes cinq. Cela représente beaucoup de travail afin de rendre les informations utilisables. L'idée est de signaler des expositions dans le monde entier. A une condition. Il faut qu'elle possède à nos yeux une dimension internationale. Nous accordons cependant plus d'indulgence à ce qui nous semble original. Hors du commun. Il y en a environ 2000 manifestations signalées à la fois, avec une visibilité donnée six mois à l'avance. Terminées, elles disparaissent du site. Cela veut dire que ce dernier se révèle un petit peu différent tous les jours.

Comment êtes-vous ravitaillés?
Nous établissons le calendrier nous-mêmes. Le petit texte renvoie aux sites des musées. Ce sont eux qui nous fournissent les vidéos que nous incluons. Nous avions remarqué qu'il s'agit souvent de films remarquables, faits avec de gros moyens, dont la visibilité restait souvent faible. Il s’agit d'un service que nous rendons. Nous diffusons ces bandes gratuitement. Il y en a entre une et quatre nouvelles par jour. Nous nous voyons comme un site de partage. 

De quelle manière tournez-vous financièrement?
Par la publicité. Nous offrons nos quelque 20.000 visiteurs annuels, visiteurs différents s'entend, à des messages commerciaux. Ils émanent d'institutions, mais aussi de gens sponsorisant des manifestations artistiques. Nous avons bien sûr intérêt à accroître autant que possible la fréquentation de www.showonshow.com 

Quels sont les types d'expositions représentés?
Avant tout les beaux-arts. Mais il y a fatalement du cinéma, de la musique et de la mode, qui constituent aujourd'hui des thèmes très représentés dans les musées. Nous prenons aussi des sujets historiques, religieux ou scientifiques. Nous débordons jusqu'à certains sujets de société. 

Le site reste uniquement en anglais.
Pour le moment, oui. Les efforts actuels portent avant tout sur le contenu. 

A propos d'efforts, j'avoue avoir eu de la peine à trouver le site sur le Net et éprouvé une certaine peine à jongler avec ses sélections géographiques, thématiques et temporelles...
Le site est tout jeune. Je vous l'ai dit. Nous restons insuffisamment référencés, surtout hors de France, mais nous y travaillons. Le mieux serait bien sûr que nos utilisateurs nous choisissent comme favori. 

Pratique 

Tapez www.showonshow.com et exercez-vous les premiers jours. Photo (DR): le sigle de Showonshow.

Prochaine chronique le samedi 27 juin. Le Musée Jenisch de Vevey montre des dessins d'Hodler donnés par un centenaire en 2014.

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