<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Ne rembobinez pas s.v.p.

La révolution numérique a bousculé nos vies d’une manière si radicale et confortable que plus personne n’ a vraiment pris conscience du phénomène. Nous ne faisons plus rien comme avant, le «avant» étant fixé au début du siècle pourtant jeune. Mais comme notre vie s’en trouve considérablement améliorée, nous ne percevons pas avec acuité l’écart d’expérience avec les temps précédents.

Aujourd’hui, nous avons dans notre poche un ordinateur dont la NASA ne pouvait même pas rêver quand elle a envoyé des hommes sur la lune à la fin des années 60.

Les médecins voient désormais des patients qui n’ont jamais connu la douleur jusqu’à 60 ans, comme aime à le rappeler Michel Serres. Le philosophe souligne qu’une jeune fille de 15 ans – une femme, car ce sont elles les plus brillantes et qu’elle symbolise parfaitement l’avenir – tient dans sa main avec son téléphone portable plus de pouvoir (avec le GPS, l’accès à Google, aux médias, etc.) que n’en ont jamais eu Jules César ou Louis XIV, des dirigeants à l’influence considérable à leur époque. C’est un tournant dans l’histoire de l’Humanité.

Pourquoi alors sommes-nous si imperméables aux progrès de la technologie que nous n’en percevons la plupart du temps que les inconvénients? Quand Elon Musk révolutionne la banque, l’automobile ou l’industrie spatiale, il suscite la méfiance.

Idem avec Jeff Bezos qui rêve de drones livreurs pour Amazon ou Xavier Niel qui veut casser les codes de l’éducation en créant une université baptisée 42 pour ceux qui n’ont en bagage (excusez du peu) que le talent. 

Et si nous étions enfin à la hauteur des enjeux et des potentialités de notre époque? Il y a des gens qu’il faut écouter. Ces trois-là par exemple, Musk, Bezos et Niel, en disent plus sur nos vies à venir que la horde de détracteurs de la modernité réunis.

Et ils sont nombreux ces astres noirs qui gravitent autour de nous et éclipsent les innovateurs, les «makers», les «disrupteurs» occupés à fabriquer notre époque quand les premiers veulent rembobiner la cassette et nous repasser le film.

Grâce à ces entrepreneurs, l’avenir est radieux. Et si c’était le message le plus révolutionnaire que nous puissions imaginer?

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