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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Motorisation diesel: compatible avec le segment premium?

Le sujet - pourtant intéressant à bien des égards - suscite des réactions trop souvent partisanes, réduisant le débat à des considérations consternantes, dénuées de toute objectivité. La question s’avère pourtant simple: peut-on garder sa légitimité de constructeur haut de gamme en proposant une motorisation diesel? Tentative de réponse avec la toute nouvelle Maserati Quattroporte.

Nombreux sont ceux qui crièrent au sacrilège en apprenant que la marque au trident, célébrant cette année son centenaire, allait offrir des versions équipées d’une telle motorisation. Les Quattroporte et Ghibli - les deux modèles disponibles depuis peu en diesel - proposent pourtant sur le papier des caractéristiques intéressantes en terme de performances notamment.

Avec un 0 à 100 km/h réalisé en 6,4 secondes, 275 CV et 600 Nm en effet, difficile de parler d’une motorisation au rabais. Il s’agit en réalité d’une véritable grand tourisme, pour qui confort et prestations routières priment sur toute autre considération. A noter que cela correspond parfaitement au positionnement global de la marque (toutes motorisations confondues), les clients à la recherche d’une voiture sportive pure et dure disposant d’une autre enseigne du groupe Fiat - Ferrari en l’occurrence - pour satisfaire leurs envies.

Lors de plus de 2’000 kilomètres de test, alternant les portions d’autoroute et les reliefs escarpés, le V6 turbo-diesel séduit, remarquablement secondé il est vrai par une boîte automatique forte de huit rapports. Bien sûr, le brio et la sonorité - quoique très travaillée dans le cas présent - des versions essence ne sont pas égalés, mais l’efficacité et l’agrément répondent présent, grâce notamment au couple colossal disponible sur une large plage d’utilisation.

Dommage donc si le dogmatisme - et parfois le snobisme - de certains les empêchent de considérer cette option plus qu’intéressante. C’est oublier un peu vite que les motorisations diesel se sont illustrées à plusieurs reprises aux 24 Heures du Mans notamment et qu’elles équipent déjà bien des automobiles de luxe, allemandes et anglaises. Quant au pompiste au regard incrédule lors du ravitaillement - eh oui, c’est bien du diesel qu’il me faut! -, il faut l’excuser. Aucune inscription extérieure n’indique en effet la nature du carburant utilisé, jouant ici la carte de la discrétion absolue.

Que les tenants du 98 octane (et plus) se rassurent: il n’est pas ici question de faire l’apologie béate des motorisations diesel (nombre d’entre elles restent asthmatiques et sans intérêt), mais bien de constater - avec le minimum d’objectivité nécessaire - l’évolution spectaculaire en la matière depuis quelques années. Si d’aucuns continuent de juger le diesel incompatible avec le plaisir automobile, nous n’en faisons pas (plus) partie. Et entre nous, une autonomie pouvant dépasser 1’000 kilomètres ne contribue-t-elle pas pleinement au plaisir du voyage?

 

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