Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MORGES/"Le livre sur les quais" a fait des petits pour sa neuvième édition

Crédits: DR

Je me posais presque des questions. Pas une seule affiche sur sol genevois. Une boîte mail désespérément vide. La mienne. Côté presse et communication, le désert. «Le Livre sur les quais», qui devait connaître sa neuvième édition à Morges les 31 août, 1er et 2 septembre, aurait-il bien lieu? On s'interroge après tout bien pour le Salon du Livre 2019 après le départ d'Isabelle Falconnier. Là aussi, c'est le grand vide des mots. Un comble pour un festival reposant sur ceux-ci! 

Me voilà rassuré. Je reviens de Morges. Nous sommes le 31 août. Non seulement, «Le livre sur les quais» se déroule effectivement au bord du Léman, mais il a fait des petits. Il n'y a plus une seule grande tente, mais un véritable campement, le bivouac des enfants se situant derrière les grilles fermant le jardin du château. On n'est jamais trop prudent avec ces les têtes blondes par les temps qui courent. J'ai même vu quelque part une tente VIP. La chose m'horripile, mais elle doit sans doute constituer un signe de santé. Il y a ici des gens qui comptent ou qui ont récemment compté. Dans le domaine de la para-littérature, j'ai vu annoncer Claire Chazal comme Didier Burkhalter. Il y a même dans un coin Sepp Blatter qui a signé, et je vous interdis de rire, «Ma vérité».

Attentes diverses

Autrement, ils sont une foule à venir parapher des dédicaces. Il y aurait 113 auteurs suisses, ce qui me semble tout bonnement terrifiant. Le principe reste le même, hélas, que les autres années. Il se trouve d'un côté les gens connus qui font des apparitions, un peu comme la Vierge à Lourdes ou à Fatima. Pour ceux-là, l'attente se situe du côté des lecteurs. Et il y a la masse des anonymes, ou presque. Ces écrivains sans doute parfois bons, mais on ne peut pas connaître tout le monde, espèrent à longueur de journée le client s'intéressant à leur production. Et cela peut sembler long, une journée! Un cordon contient en revanche les gens voulant voir David Foenkinos, dont le dernier roman, «Vers la beauté» (j'ai évité de vous en parler) se situe au Musée d'Orsay. David préside par ailleurs la cuvée 2018. 

«Le Livre sur les quais» 2018 attire donc beaucoup de monde, en ce vendredi inaugural. Les amateurs ne se trouvent pas tous sous les tentes, où se déroulent parallèlement certains débats. D'autres causent, suivent une «master class» ou un participent à un événement ailleurs en ville. Il y a en plus les participants aux croisières littéraires sur le lac, celles dont il faut suivre le cours jusqu'au bout ou rentrer à la nage. C'est donc bien parti. Les dialogues s'engagent. Je vois Isabelle Falconnier harponner des lecteurs en vertu de sa casquette d'auteure de «Mea culpa». Je remarque des gens allant en direction des nombreuses caisses avec des piles, comme si c'était demain Noël. N'empêche qu'il y a ici tant d'ouvrages qui je me demande comment on pourra les faire fondre, les dites piles. Qui dévore de nos jours plus de deux ou trois romans par mois?

Pratique

«Le livre sur les quais», Morges, www.lelivresurlesquais.ch Samedi 1er septembre de 9h30 à 20h, dimanche 2 septembre de 9h30 à 19h.

Photo (DR): L'affiche de la manifestation.

Texte intercalaire.

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