Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MONTRÉAL/Le Musée des beaux-arts s'agrandit pour 19 de nos millions!

Crédits: Manon Asselin-Atelier TAG et Jodoin, Lamarre et Pratte architectes

Pour l'Eglise, il existait naguère (il subsiste toujours, j'imagine) de «mauvaises lectures». Je vous rassure tout de suite. Il y en a aussi de bonnes. Tenez! J'avais le nez plongé, hier dimanche 30 octobre, dans le numéro de novembre de «Connaissance des arts» en allant à Milan Je parcourais un article consacré au Musée des beaux-arts de Montréal. Et là, j'ai eu non pas un, mais deux tilts. 

Le premier est une donation. Deux Polonais émigrés au Canada en 1951, Michal et Renata Hornstein, avaient offert au musée 75 tableaux allant du XVIe au XVIIIe siècle en 2012. Cadeau. Pas dépôt. Mort cette année à trois mois de distance entre le mari et la femme, le couple avait déjà remis à l'institution, à laquelle il était très attaché, 370 œuvres dont une vingtaine de tableaux anciens et une série de dessins d'un certain Ferdinand Hodler.

Architecture transparente 

Pour cette manne, le musée, pourtant agrandi quatre fois, dont la dernière en 2011, n'avait plus de place. Il lui fallait donc s'agrandir. Et bien, il y est parvenu! Et ceci pour la somme de 25 millions de dollars canadiens, ce qui fait environ 19 de nos millions. Vous me direz que pour ce prix, on n'a plus rien aujourd'hui. Eh bien, c'est faux, sauf apparemment à Genève, où remplacer les arbres de la plaine de Plainpalais devrait nécessairement coûter 8 millions, qui fait cher le pipi canin. 

Les architectes retenus se révèlent ainsi de premier ordre. Il s'agit d'une association Manon Asselin-Atelier TAG et de Jodoin, Lamarre et Pratte architectes. Les constructeurs ont opté pour un Pavillon de la Paix multifonctionnel tranchant, par son aspect moderne, sur les parties anciennes en marbre. Il y a là une façade transparente donnant à voir un grand escalier de bois. A mi-hauteur de l'édifice, il se passe quelque chose. Le bâtiment se casse afin de créer un angle en porte-à-faux au dessus de la chaussée. L'annexe invite ainsi les gens à rentrer sans complexe dans un bâtiment d'origine moins heureux que notre Musée d'art et d'histoire. Il tient un peu du bunker.

Fort appui gouvernemental 

Restait à financer la chose. Comme l'explique la directrice Nathalie Bondil, l'institution n'est pas très riche. Le gouvernement québecois a accepté de mettre 18 millions de dollars (canadiens) dans l'affaire. Il ne restait plus au musée qu'à en trouver sept. La construction est aujourd'hui terminée. Elle suscite, à un croire le journal de Montréal que j'ai ensuite consulté en ligne, un succès populaire. Autre pays, autres mœurs. Enfin, il nous reste Lausanne, dont le projet se révèle cependant infiniment plus coûteux. 

Photo (Asselin-Atelier TAG et Jodoin-Lamarre et Pratte architectes): Le bâtiment terminé. Et il plus il est lumineux les longues journées d'hiver au Canada!

Texte intercalaire.

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