RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

Modernisons notre fiscalité!

La fiscalité en vigueur dans notre pays mérite un vaste toilettage, comme nous le rappelons dans notre dossier. Alors que la Suisse s’apprête à le faire en matière de taxation du bénéfice des entreprises (RIE III), la Confédération pourrait s’atteler à éclaircir la jungle fiscale des personnes physiques. Afin d’éviter la noyade, il faudrait commencer par s’attaquer à l’échelon fédéral: TVA et impôt fédéral direct (IFD).

L’idée? Permettre à nos élus de résoudre, par exemple, le lancinant problème du financement de l’AVS en augmentant la TVA, sans pour autant alourdir la charge fiscale. Comment? Sans doute faudrait-il en contrepartie soit supprimer purement et simplement l’impôt fédéral direct (lequel était censé être temporaire, comme nous le rappelons dans notre dossier), soit instaurer une imposition à taux fixe pour l’IFD: d’au maximum 10%. 

Sur la forme, pourquoi ne pas accepter une perception à la source, comme cela se passe déjà, par exemple, pour les personnes travaillant sur Genève mais qui sont domiciliées en France. Cela aurait l’immense avantage d’améliorer les flux de liquidités de nos administrations cantonales. Une fois ces réformes achevées, les cantons devraient être incités à entamer à leur tour cet exercice.

Avec la même intention d’améliorer l’efficacité de la perception, il faudrait bien évidemment choisir le système de la «flat tax», également au niveau cantonal. Rappelons que ce système est en vigueur dans de nombreux pays, principalement la Russie et les pays de l’Est. Le hic, c’est que certaines personnes ajoutent que, en parallèle à ce changement, il faudrait supprimer toutes les déductions fiscales…

Certes, la démarche semble compréhensible d’un point de vue strictement technocratique. En effet, en offrant davantage de simplicité, les taxateurs devraient obtenir au final davantage de rentrées fiscales. Reste qu’il faut s’interroger: doit-on viser l’efficacité ou l’équité? Les deux, bien évidemment! 

De nombreuses déductions

Comment accepter qu’on ne puisse plus bénéficier d’une déduction pour personnes à charge (enfants et/ou personnes âgées), par exemple? On ne peut décider unilatéralement de supprimer la totalité des déductions existantes, lesquelles ont généralement fait l’objet d’âpres négociations. Certaines visent à encourager les propriétaires d’une résidence principale à investir dans l’assainissement énergétique de leur bien. D’autres entendent favoriser l’arrivée à l’âge de la retraite avec un capital suffisant pour ne pas être à la charge de la société (on pense à la déductibilité des rachats d’années au sein de sa caisse de pension). Les exemples foisonnent. Bref, modernisons la perception de l’impôt, mais avec intelligence.

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