Zaki Myret

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

Mobilité à vitesses multiples

Mars 2050. J’arrive à Palexpo, Genève. La voiture-drone se pose sur le toit du bâtiment. L’appli Dronesharing est incontournable en de telles occasions. Je me dirige vers la première halle du Salon international des transports. 

Le monde de la mobilité a connu une mue spectaculaire depuis trente ans, passant du monomodal au multimodal. Se rendre au Salon des transports aujourd’hui, c’est admirer les vélos électriques de dernière génération, solaires, rapides et connectés, les monocycles (gyroroues), trottinettes électriques, qui fourmillent dans les rues et ont leurs propres pistes. Mais aussi ce qui est devenu mainstream, à savoir les voitures volantes (drones), y compris en mode partagé, les bus électriques et les hydroptères assurant une liaison lacustre entre Genève et Lausanne.

Le boom des vingt dernières années, c’était celui des voitures autonomes et électriques en réseaux partagés, gérés par des applications intelligentes de la blockchain mobile. J’arrive tout au fond, dans la dernière halle, et aperçois les voitures individuelles à conducteur et à essence. Une curiosité de collectionneurs, vestige de feu le Salon de l’auto. A notre époque, les pays développés consomment beaucoup moins de pétrole. Les monarchies du Golfe ont d’ailleurs opéré une retraite ordonnée. Depuis quelques années, le PSG est sponsorisé par le barrage de la Grande-Dixence, qui vit une véritable renaissance.

Mais cette année au Salon des transports, la sensation, ce sont les nouveaux avions électriques. Les médias se pressent autour des prototypes. Parcourir Paris-New York en 30 minutes n’est plus un rêve depuis qu’Elon Musk a lancé ses vaisseaux voyageant au-delà de l’atmosphère terrestre. Autre tendance, des conférences sont consacrées au réseau européen des canaux navigables et au transport par péniches, plus économiques et écologiques que les camions.

Dans ce contexte, la Suisse romande reste nettement à la traîne du reste du monde, si l’on pense à l’avènement des trains volants supersoniques. A commencer par l’Aérotrain français à sustentation magnétique (qui va à près de 800 km/h), l’Hyperloop américain (plus de 1000 km/h), et surtout l’Hyperflight chinois, en passe d’atteindre 4000 km/h. On relèvera néanmoins dans notre région les effets spectaculaires du Léman Express qui, depuis trente ans, parcourt la ligne du CEVA.

Par ailleurs, les besoins en mobilité ont imposé, dans le sillage de la réalisation du projet Cargo souterrain, l’excellent projet Swissmetro, enfin en circulation. Ce train à grande vitesse, oublié pendant de longues années, a été concrétisé par la Confédération avec l’aide de financements privés et permet, depuis deux ans, de parcourir la Suisse à 400 km/h. Alors qu’un trajet Genève-Zurich prend moins d’une heure, on peine à se souvenir qu’il y a quelques décennies, cela prenait plus de 2 h 30.

Mes petits-enfants, qui n’ont connu que Mobility, ont découvert les autoroutes pour vélo en Allemagne et ne jurent que par celles-ci. Ce mode de transport a largement supplanté les trams, tombés en désuétude. Heureusement, le nouveau réseau du métro genevois a permis d’absorber une part de l’engorgement insupportable de la circulation en ville. Sauf que sa construction a pris une éternité. Entre-temps, nous avons deux ou trois trains de retard par rapport aux villes équipées de métros aériens à grande vitesse. Sans compter les métro-câbles urbains, une autre révolution. J’ai essayé ces  télécabines qui ont déjà bouleversé la mobilité lausannoise. 

Retour en 2018: si seulement nous pouvions parcourir la moitié de ce chemin en trente ans…

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