<p>Entrepreneur</p>

Patrick Delarive est un entrepreneur vaudois actif dans la gestion de fortune, l'immobilier et le showbiz.

Michel Rochat, l’as des chiffres et des lettres

Michel Rochat

Crédits: Rezo

Sur les hauts de Lausanne se trouve Le Chalet-à-Gobet. Culminant à 900  mètres, c’est un peu la montagne du chef-lieu vaudois. Dressé en bordure de forêt, on ne peut pas manquer le chantier de la très reconnue Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). J’y suis accueilli comme dans une multinationale. On m’invite à m’asseoir en attendant son directeur général, Michel Rochat.

Un des cinquante-deux qui portent ce nom et ce prénom en Suisse. J’ai l’impression de me trouver dans le lounge VIP d’un aéroport international. Des centaines de jeunes, tout droit sortis du roman La firme de John Grisham, beaux et bien habillés, circulent de toutes parts. Ils sont sérieux, concentrés, énergiques. Il y en a même qui flirtent un peu… 

Michel Rochat m’accueille à la manière d’un hôtelier et m’installe dans son bureau. Il me raconte l’histoire de son école qui débuta dans une petite salle du Beau-Rivage Palace il y a cent vingt-deux  ans. Ce dernier devait alors répondre à ses propres besoins de formation. 

Agé de 59  ans, mon invité est l’un des «culs gelés» du village-rue de L’Auberson près de Sainte-Croix. Ses parents y étaient instituteurs de village. Un métier qu’il voulut faire dès son plus jeune âge: «Une profession fantastique. Le maître enseignait toutes les branches dans une classe comprenant trois années différentes.» L’échec – son meilleur échec – de l’examen d’entrée à l’Ecole normale lui vaudra une autre destinée. Il deviendra le boss d’une des écoles les plus prestigieuses du monde et épousera une responsable de la vie scolaire dans une école privée.  

Les destins ne sont pas le pur fruit du hasard

Après des études à HEC Lausanne, Michel Rochat se lance dans l’audit chez PwC. A tout juste 24  ans, le premier mandat qu’on lui confie est la révision des comptes de… l’Ecole hôtelière! Quatre années plus tard, il se lance en indépendant dans l’aménagement du territoire tout en occupant, en parallèle, une fonction de cadre dans une école privée d’ingénieurs. 

En 1998, le canton de Vaud intègre cette école et le nomme directeur général de l’enseignement supérieur. Cette fonction lui vaudra, par défaut, un siège au conseil de fondation de… l’EHL, comme représentant du canton. Tout roule, jusqu’à cette séance, un jour de printemps 2010, où Michel Rochat s’emporte sur une question de management de l’école. Il dit haut et fort ce que tout le monde pense tout bas et propose des solutions. C’est alors qu’un de ses comparses lui dit: «Eh bien, si tu penses pouvoir mieux faire, tu n’as qu’à prendre la direction de l’école...» Il accepte et se retrouve propulsé à la tête de l’institution. 

Le hasard? Pas seulement. Michel Rochat est très Suisse, au sens ADN du terme. Discret, les pieds sur terre, courageux et fier des qualités de sa patrie. Il a cette farouche volonté de promouvoir la qualité des prestations suisses, dans tous les domaines où tous sont convaincus, sauf les Suisses… Je ressens une profonde aversion contre ce sport national qu’est «l’autoflagellation»! Mais c’est aussi un homme qui maîtrise les chiffres, le développement immobilier à long terme, la direction de l’enseignement et les partenariats privés-publics. 

Toutes ces qualités, l’EHL en avait besoin pour entamer sa mue, afin de produire les meilleurs éléments d’un «hospitality business» en pleine croissance, tout en respectant les contraintes d’un statut d’HES. Michel Rochat le visionnaire a mis en route un gigantesque projet devisé à près de 300 millions qui va, en cinq ans, doubler la capacité d’accueil à 3500 étudiants et 500 collaborateurs sur un seul site. Il comptera aussi un millier de logements qui seront gérés par les étudiants, pour les étudiants, «comme si c’était un hôtel». 

Il est l’heure de quitter Michel Rochat qui me confie quelque chose que peu savent: il est passionné par la chasse de gros gibiers comme le cerf, le chevreuil et le sanglier. Bon appétit et bonne quinzaine.

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