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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Mercedes SLS - Au nom du mythe

Autant être réaliste: tenter de cerner le potentiel de cette super GT sur route ouverte relève de l’utopie. Aussi incongru que de prétendre pouvoir déguster un Pétrus dans un verre à sirop. L’objectivité pure n’étant donc pas de mise, place aux sensations. Et la SLS n’est pas avare en la matière!

A l’arrêt, elle trompe bien des béotiens - ce qui arrangera certains propriétaires - qui ne voient en elle qu’un coupé Mercedes de plus. Certes, avec une largeur tutoyant les deux mètres, difficile de passer complètement inaperçu. Mais c’est lorsque les portes papillon s’ouvrent - clin d’oeil à la mythique 300 SL - que l’anonymat cesse. On est en présence d’un oiseau rare, indiscutablement!

Le design - intérieur comme extérieur - se veut sobre mais très élégant. Quelques rappels esthétiques bienvenus (prises d’air sur les flancs, bouchon d’essence type aviation, buses d’aération évoquant des réacteurs) viennent titiller - mais sans effet de style superflu - les nostalgiques de la marque à l’étoile.

Réveiller le V8 AMG donne des frissons: sa sonorité gutturale électrise l’atmosphère. Fort de 571 ch, il peut jouer l’eau et le feu. Parfaitement élevé, il accepte de cruiser sur un filet de gaz, au contraire d’une boîte dont la programmation s’avère parfois un peu rugueuse à allure réduite. A peine l’horizon se dégage-t-il que la tentation de le faire chanter devient irrépressible. Attention toutefois à garder un oeil sur l’instrumentation, les limitations de vitesse pouvant alors rapidement devenir une notion très abstraite...

La poussée, progressive mais de plus en plus violente à l’approche de la zone rouge (0 à 100 km/h en 3,8 secondes), semble ne jamais devoir s’interrompre, tant les rapports - sept au total - s’enchaînent rapidement (merci au double embrayage). Le châssis digère pourtant admirablement la puissance, bien assisté dans sa tâche par des freins (390 mm à l’avant!) et des pneus (265/35 R 19 à l’avant, 295/30 R 20 à l’arrière) généreusement dimensionnés.

Au final, cette extraordinaire voiture laisse perplexe. Parfaitement utilisable au quotidien bien que ce ne soit pas sa réelle vocation (sa largeur notamment dissuade d’emprunter certains tracés), elle n’appelle en réalité qu’à pouvoir exprimer tout son potentiel sans contraintes règlementaires, faute de quoi la frustration est au rendez-vous. Cap donc sur la piste (et les autoroutes allemandes), où elle saura faire parler la poudre - comme jadis une certaine 300 SL - et donner la pleine mesure de ses moyens... démesurés! 

Voiture mise gracieusement à disposition par www.classicamotors.com

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