Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Un monde, deux discours, une attente

Deux visions du monde se sont affrontées à Davos la semaine dernière. L’une portée par le président français Emmanuel Macron, prônant le multilatéralisme et l’ouverture, l’autre défendue par son homologue américain Donald Trump, misant sur le protectionnisme et le bilatéralisme. Ironie de l’histoire: face à la mondialisation et ses excès, la France de Colbert et des plans quinquennaux du général de Gaulle a opté pour un champion du libre-échange, tandis que les Etats-Unis de Milton Friedman et de Ronald Reagan ont porté à  leur tête un protectionniste assumé.

Emmanuel Macron veut renforcer les prérogatives de l’ONU, du FMI et des autres plateformes de dialogue international, sans oublier l’Accord de Paris sur le climat. Donald Trump a annoncé la sortie de ce même accord, mais aussi d’autres instances et accords internationaux. Quand le président français parle de «faire en sorte que la mondialisation profite à tous», son homologue américain lui répond «America First».

Entrés en fonction en 2017, ces dirigeants ont cependant tous deux fait passer en priorité des réformes fiscales pas si éloignées, avec une baisse des impôts pour les ménages aux revenus les plus élevés, les entreprises, et une incitation aux investissements. Car au-delà des discours, l’intention est la même: attirer les capitaux. Donald Trump obtient le rapatriement de 350 milliards de dollars par Apple quand Emmanuel Macron mise sur la frenchtech et séduit les expatriés français et les chercheurs américains.

Sur d’autres questions, le fond n’est pas si éloigné: Donald Trump tient un discours de fermeture de l’immigration, quand Emmanuel Macron prône l’ouverture. Mais dans les faits, Donald Trump est ouvert à un accord avec les Démocrates sur la régularisation des jeunes enfants d’immigrés illégaux. Et Emmanuel Macron veut renforcer les reconduites aux frontières pour les requérants d’asile déboutés. Idem sur de nombreux autres thèmes.

Faire peur ou faire rêver?

En fait, c’est surtout dans l’attitude que les deux se distinguent: l’un montre les muscles pour rassurer son électorat, tandis que l’autre veut séduire pour convaincre. L’un est l’héritier d’Ulysses Grant, Theodore Roosevelt et Dwight Eisenhower, tenants du rapport de force; tandis que l’autre se place en successeur de De Gaulle, Giscard d’Estaing ou Mitterrand, qui aimaient avant tout séduire par la plume et les mots.

Au final, l’attente est la même de la part des populations: être rassurées face à un monde qui bouge, être mieux armées face à une concurrence accrue (surtout en Asie et en Amérique latine), ne pas perdre ce qui a constitué leur mode de vie, American Dream ou French Way. Mais le président américain pense qu’il faut manier la peur pour obtenir une réaction quand le président français veut faire rêver d’avenir.

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