Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Klaus, Donald, Greta et leurs amis

Ces jeunes aspirent à une économie visant les objectifs de long terme plutôt que les profits immédiats

Qu’il est loin le temps où le jeune professeur Schwab, économiste trentenaire, invitait quelques dirigeants à Davos pour un symposium de management. En 1971, la croissance économique trônait au sommet des priorités et nul n’envisageait que la planète pouvait atteindre ses limites. En janvier 2020, les invités stars sont dix jeunes activistes en faveur du climat, Greta Thunberg vole la vedette à Donald Trump, les thèmes abordés lors des centaines de sessions tournent autour du réchauffement climatique, de la biodiversité, de l’inclusion des minorités, de l’égalité femmes-hommes, des inégalités…

Et le discours de Donald Trump cette année à Davos est révélateur: le président américain a beau exhorter à «ne pas écouter les prophètes de malheur», il est de plus en plus isolé: l’ensemble des dirigeants de grands groupes, les chercheurs universitaires, les responsables d’ONG, les représentants de la société civile et une grande majorité de responsables politiques placent la lutte contre le réchauffement climatique au cœur de leurs discours (avant de passer aux actes?). L’appel de Donald Trump résonne comme le chant du cygne d’une génération qui voit le nouveau monde arriver. Même Klaus Schwab martèle sans arrêt le devoir de responsabilité des dirigeants d’aujourd’hui.

Prendre en compte l’humain et la nature

Au fil des dernières éditions du World Economic Forum, les contempteurs de la croissance effrénée se sont faits plus rares autour des derniers tenants d’une économie du muscle et de la testostérone, comme le président américain. Et les avocats de la planète sont de plus en plus nombreux: scientifiques, responsables d’ONG, dirigeants d’entreprises et même les dix jeunes activistes du climat cette année. Comme un signal envoyé en avance par le WEF que Greta Thunberg n’est pas seule dans son combat, que la jeunesse de nombreux pays se mobilise pour un autre modèle économique.

Et quand on interroge ces derniers, nul n’évoque la fin de l’économie de marché, aucun ne souhaite la mort de l’entreprise (certains ont même déjà créé leur propre entreprise à 18 ou 19 ans), personne n’appelle au renversement violent des dirigeants. Ce à quoi ils aspirent est une évolution des valeurs et des normes vers une meilleure prise en compte de l’humain et de la nature, avec une économie visant les objectifs de long terme plutôt que les
profits immédiats.

Cependant, plus les anciens amis de Donald mettront du temps à agir, plus l’action nécessaire devra être radicale. Car les bouleversements climatiques et environnementaux ne laissent plus le choix. Les limites planétaires sont en passe d’être atteintes. Greta et ses amis l’ont compris, Klaus rallie leur discours, quid de Donald et de ses amis…?

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