Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Donald Trump, la faute d’Obama?

Novembre 2008: Barack Obama est élu président des Etats-Unis d’Amérique. Raz-de-marée populaire. Le premier président noir porte des espoirs gigantesques sur la base d’un programme ambitieux.

Novembre 2016: malgré son soutien et l’engagement dans la campagne de toutes les forces démocrates (et de certains Républicains), Hillary Clinton s’incline face à Donald Trump (même si elle remporte symboliquement le vote populaire). A qui la faute? Beaucoup pointent l’ex-Secrétaire d’état, embourbée dans des scandales et trop clivante. Exonérant la part de responsabilité du président sortant.

En janvier 2009, lors de son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama dispose d’une large majorité au congrès (59% d’élus aux deux chambres) et d’un soutien populaire dont peu d’autres présidents récents avant lui avaient pu s’enorgueillir (à part Bill Clinton et Ronald Reagan). Or, pendant la campagne électorale, il a mis en avant les aspects sociaux du programme et notamment l’Obamacare. Mais la réforme qu’il porte ne satisfait ni l’aile gauche du Parti démocrate, ni les Républicains modérés (certains étaient prêts à appuyer une réforme): opposition des Etats, manifestations du Tea Party, recours jusqu’à la Cour suprême en 2012, obstruction des Républicains qui provoque un shutdown en 2013… et une chute de popularité qui lui aliène tant l’électorat «centriste» que les couches populaires dont certaines restent exclues du système (30 millions d’Américains dépourvus de couverture santé, sans compter l’envolée des prix des médicaments).

Dès lors, tout est cassé: jamais Obama ne retrouvera de congrès acquis à sa cause comme en 2009. Il perd aussi le vaste soutien populaire qui l’a accompagné à ses débuts. Et face à la virulence de l’opposition, il choisit de gouverner par décret.

C’est seulement à l’automne 2011 que le président rencontre en tête à tête John Boehner, chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, manquant de nombreuses occasions de tisser un dialogue constructif avec son opposition. Comme l’analyse l’économiste Francis Fukuyama, «contrairement à ses deux prédécesseurs, Obama est trop froid, trop intellectuel et trop réfléchi. Par son éducation élitiste, à Columbia et Harvard, et son enfance à Hawaï, aux marges du pays, il apparaît déconnecté de la société, des petites villes du Middle West.» Et d’ajouter que le successeur de George W. Bush a «manqué de leadership» pour rassembler les Américains.

Pendant huit ans, Barack Obama aura porté des valeurs humaines positives et progressistes. Mais sans réussir à les partager avec ses concitoyens. Au contraire, il en a éloigné certains. Ouvrant la porte à celui qui promettait de faire table rase de ces huit années.

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