Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

COP24: où sont les promesses de Paris?

Nos dirigeants actuels achètent la paix sociale mais provoquent la ruine de cette planète

Trois ans après la COP21 à Paris, qui avait marqué le temps fort de la diplomatie française, avec un accord obtenu à la quasi-unanimité des pays de la planète, notre Terre a des raisons de désespérer: retrait américain et attaques incessantes du climatosceptique Trump, arrivée au pouvoir au Brésil d’un Bolsonaro qui annule l’organisation de la COP25 en 2019 dans son pays, stratégies déconnectées des enjeux de nombreux pays développés… et même les plus fervents avocats de l’Accord de Paris, des dirigeants comme Trudeau ou Macron, qui, sous des discours volontaristes, mènent la politique de l’autruche.

Et ensuite?

Ces derniers jours à Katowice qui a accueilli la COP24, la Terre est plus malade que jamais. Les rodomontades «twitteriennes» d’un Trump, les reculs fiscaux d’un Macron ou les foreuses gargantuesques d’une Merkel qui ravage des forêts millénaires pourront rassurer marchés et ménages pendant quelques semaines. Mais au-delà? Il ne s’agit pas de verser quelques larmes pour les ours polaires, de regretter les glaciers de cartes postales de nos montagnes suisses ou de penser trente secondes à une variété d’orchidées qui va disparaître. Le problème est immensément plus grave.

Certes, les gilets jaunes français peuvent être soulagés: leur pouvoir d’achat est sauvegardé et ils pourront acheter à leurs enfants la dernière console de jeux pour Noël. Certes, les traders de Wall Street sont satisfaits: leurs usines du Texas pourront continuer à émettre du carbone sans devoir investir dans des systèmes de purification des rejets.

Mais que diront leurs enfants auxquels on interdira de rouler un jour sur deux? Que diront leurs petits-enfants dans trente ans quand les centaines de millions d’habitants de mégapoles situées en bord de mer devront migrer vers des terres plus élevées? Que diront ces générations pour qui l’enfant unique ne sera plus un cliché chinois mais une obligation de survie pour une planète devenue saturée?

Ces mesures vont s’imposer dans quelques années. Mais Donald, Justin, Angela et Emmanuel peuvent dormir en paix: ils ont obtenu la paix sociale en 2018. Après Munich en 1938, Churchill jugeait sévèrement Chamberlain et Daladier, salués par les foules pour avoir obtenu des promesses d’Hitler: «Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre.» Nos dirigeants actuels ne sont pas meilleurs: ils achètent la paix sociale mais provoquent la ruine de cette planète. Chamberlain et Daladier n’ont jamais été inquiétés pour leur lâcheté. Il y a tout aussi peu de chances de voir un jour Trump, Macron, Merkel ou Trudeau dans un «Nuremberg de l’environnement». Heureusement pour nous, car nous serions nombreux à être inquiétés pour complicité et passivité.

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