Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

«Ab antiquo»

Références Emmanuel Macron en «président jupitérien»; son ex-adversaire socialiste Benoît Hamon qui poste au lendemain de sa défaite un tableau représentant Sisyphe; Donald Trump en Jules César version Shakespeare revisité (et assassiné, ce qui fait scandale) à New York… 

Les parallèles entre politique du XXIe siècle et figures de l’Antiquité ne sont pas nouveaux: «Sparte brille comme un éclair dans une nuit éternelle», disait Robespierre sous la Révolution française. Napoléon se voyait en successeur d’Auguste. 

Mais cette quête de références ressurgit plus fort à chaque période de remise en cause des systèmes et des acteurs.

Ces évocations renvoient immanquablement vers une crise du leadership et une recherche de légitimité. L’Antiquité gréco-romaine a conceptualisé des idéaux qui ont servi de base à nos sociétés modernes: démocratie, élections, universalité du droit, citoyenneté, propriété privée… Un parallèle d’autant plus justifié aujourd’hui que les hommes d’affaires de l’Antiquité se lançaient souvent dans les affaires publiques, comme en témoignent Pasion à Athènes ou Mécène à Rome. 

Et comme Donald Trump ou Emmanuel Macron aujourd’hui.

Cependant, les références ne renvoient pas vers ces comparaisons logiques. Mais vers des figures tutélaires: Jupiter qui règne sur l’Olympe, Sisyphe condamné à une tâche inutile et sans fin, César ambitieux mais assassiné. Gare toutefois à une lecture à sens unique: la Grèce et Rome avaient des dieux et des héros bourrés de défauts. Jupiter était coléreux et volage. César a dévoyé la république romaine, Sisyphe était un violeur et un manipulateur. Il faut parfois se méfier des références antiques.

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