Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Le défi de la formation des millennials

Le défi de la formation des millennials

Alors que les personnes chargées de l’enseignement et de la formation appartiennent souvent au groupe des «boomers» nés avant 1964, ceux qui en bénéficient sont aujourd’hui des millennials. Nés avec le millénaire et baignés depuis toujours dans les technologies digitales, ces représentants de la génération Z ou GenZ vivent dans un monde en totale rupture avec celui de leurs aînés. Jeunes adultes, ils s’attendent à changer fréquemment d’employeur et s’intéressent en conséquence à ce que l’entreprise peut leur apporter sur le moment. Dans un environnement instable, ils souhaitent avant tout emmagasiner les éléments dont ils auront également besoin ailleurs. Et dans ce domaine, le bagage le plus important, c’est le développement personnel, affirme Mark Lurie. Fondateur et CEO de Codex Protocol (une startup américaine réputée dans le domaine de la blockchain), il livrait une réflexion sur ce thème au site Quora, reprise par slate.fr. Un point de vue qui s’applique évidemment autant au monde professionnel qu’à la formation.

Pour retenir l’attention de ces millennials, inutile de compter sur une transmission unilatérale de connaissances qu’ils devront assimiler et restituer. Le formateur doit proposer de les guider et de les préparer à des environnements mouvants en maximisant leurs atouts. En cette ère où sept travailleurs sur dix occupent des emplois à l’avenir incertain, selon la revue internet Pacific Standard, on ne peut que saluer l’intérêt des étudiants pour un apprentissage tout au long de la vie. Une approche transversale permet aux étudiants de s’engager dans la poursuite d’une mission. Toujours plus d’établissements sont aujourd’hui organisés non plus autour de disciplines mais de domaines d’expertise et de questions comme «Systèmes d’alimentation durables».

Des compétences, plutôt que des diplômes

Gourou dans le domaine de la formation des millennials, Corey Seemiller ignorait tout de la GenZ jusqu’en 2013. Cette année-là, cette professeure en leadership et engagement civique de l’Ohio détecte un profond renouvellement dans les questions que les étudiants se posent sur leur éducation et leur carrière. Plus que des «matières principales», ils veulent des résultats et s’intéressent moins aux diplômes qu’aux compétences. Ces jeunes adultes considèrent la formation comme un moyen de canaliser leurs rêves et leurs aspirations.

Cette évolution doit être prise en considération par les systèmes d’éducation. Les étudiants actuels aspirent à être les architectes de leur propre expérience et privilégient une expérience connectée au monde réel. Les programmes qui donnent la parole à la GenZ favorisent la responsabilité personnelle. Attirés par l’activisme, les millennials souhaitent apporter leur contribution à une société plus juste. On ne peut pas les en blâmer. La meilleure formation pour eux est celle qui prendra en compte leurs objectifs en leur fournissant les outils pour les atteindre.

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