Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Embauchez un senior!

Les seniors constituent une richesse importante de l’entreprise. Offrez-leur de la formation continue

Individualistes, impatients, versatiles… Les millennials vous fatiguent? Pourquoi ne pas recruter un senior? Certes, dans nos sociétés contaminées par le jeunisme, les travailleurs âgés n’ont pas vraiment la cote. Mais sur le terrain, nombre de préjugés s’avèrent totalement infondés. Oui, les têtes grises peuvent se montrer technophiles, dynamiques et inventives, comme nous vous le démontrons dans notre dossier. Les statistiques attestent du goût des plus âgés pour la vie active en Suisse. La participation des 55-64 ans au marché du travail y est très haute en comparaison internationale. En outre, contrairement à une idée reçue tenace, les seniors helvétiques sont moins touchés que les autres classes d’âge par le chômage. Là où la situation devient dramatique, c’est lorsque les quinquas et sexagénaires perdent leur emploi. Une fois au chômage, une personne de plus de 50 ans met 1,5 fois plus de temps que la moyenne des sans-emploi à se replacer et risque même de se faire éjecter définitivement du marché de l’emploi. Que c’est dommage. Toute cette expertise gâchée!

Force est de constater que les entreprises n’aiment pas les seniors. Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui, la société helvétique n’a pourtant pas le choix. Les PME, qui constituent l’épine dorsale de notre économie, sont confrontées à un départ à la retraite massif de baby-boomers. Or, les jeunes se raréfient, la conséquence d’une natalité en berne et des restrictions à l’immigration. Les travailleurs désireux de rester actifs au-delà de l’âge légal de l’AVS, souvent à temps partiel, constituent le principal palliatif au recul de la main-d’œuvre. Les firmes devront se résoudre à porter davantage d’attention au formidable potentiel de cet «or gris». De leur côté, les seniors sont prêts à jouer un rôle professionnel plus important, d’abord en conservant leur poste jusqu’à 64 et 65 ans, puis en jouant les prolongations en concertation avec leur employeur. Les carrières en arc, où les seniors se délestent de certaines responsabilités en acceptant une baisse de salaire, sont aussi une piste.

Investissez dans vos seniors. Ils constituent une richesse importante de l’entreprise. Offrez-leur de la formation continue. C’est un calcul sensé car les travailleurs âgés sont plus fidèles que les trentenaires qui changent de poste tous les deux ans. Les cours renforcent le lien avec l’entreprise. Pour le participant, c’est l’occasion de tisser son réseau interne et de rester au courant de ce qui se passe, tout en conservant des compétences à la page. Chez les indépendants, nombre d’individus restent actifs des années après l’âge de la retraite. Ces travailleurs infatigables démontrent que si l’envie est là, l’âge n’est en rien un frein.

La balle est maintenant dans le camp des employeurs.

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