Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Bienne: la renaissance d’un centre-ville

Favorisant culture, commerces et échanges sociaux, les first fridays ont déclenché un cercle vertueux

Il s’est passé quelque chose de formidable à Bienne. Alors que les centres-villes luttent pour maintenir l’attractivité qu’il leur reste et que la population s’est massivement tournée vers le web pour faire ses achats, les Biennois se rendent en masse dans la vieille ville tous les premiers vendredis du mois. Depuis quatre ans, les First Fridays rythment la belle saison avec des soirées qui conjuguent portes ouvertes, ouvertures nocturnes, arts et spectacles. Un succès qui fait école. «Il y avait un énorme potentiel à Bienne qui ne demandait qu’à être révélé. Les First Fridays réunissent toutes les catégories de population, les jeunes et les aînés, les habitants aisés et ceux qui le sont moins. Les gens qui viennent sont fiers de consommer local», commente Reto Bloesch. Quadragénaire, cet ancien habitant de la vieille ville a lancé l’initiative en 2016 avec deux amis de toujours, Patrick Weiss et Olivier Paratte.

Les fondamentaux du potentiel biennois, c’était un terreau industriel et artisanal fort, une réjouissante créativité chez les habitants de cette ville historique ouvrière et le grand brassage culturel propre à cette cité bilingue. Du côté des instigateurs, beaucoup d’altruisme. Le trio, bénévole, a créé un événement à l’intersection de la culture, du commerce et des échanges sociaux qui a déclenché un cercle vertueux. Longtemps considérée comme malfamée, la vieille ville a gagné une image de convivialité. Des galeries et des ateliers d’artisans ont ouvert dans un climat d’optimisme. D’autres commerces leur ont emboîté le pas. Le passage piéton s’est densifié pour gagner peu à peu l’ensemble du centre-ville. Cette vitalité dope la popularité de Bienne qui attire aujourd’hui de nouveaux habitants fuyant les loyers et prix immobiliers prohibitifs de l’arc lémanique ou des rives neuchâteloises. Conséquence de cet afflux, la fréquentation des commerces régionaux augmente à son tour. Et le tout dope le dynamisme local.

Trouver l’étincelle

Les leçons de l’expérience biennoise? Ces vingt dernières années, internet a mondialisé le commerce, tandis que les centres-villes de l’ensemble de la planète se sont clonés à partir de la même grappe de marques globales. Une évolution qui s’est faite au sacrifice de l’identité locale des citoyens. Aujourd’hui bâillonnée, cette identité n’en a pas pour autant disparu. Elle est toujours là, enfouie dans le cœur des habitants, et ne demande qu’à s’épanouir à la première occasion. Bienne a trouvé l’étincelle qu’il fallait pour réveiller son terroir. Nos villes romandes ont toutes un potentiel à révéler qui attend aussi une étincelle. Consacré à la revitalisation des centres-villes et à la pérennité des arcades des zones piétonnes, notre dossier explore des pistes qui fonctionnent ici et ailleurs. Bonne lecture.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."