Deschenauxmarie

Analyse de stratégies de communication

Post graduée en communication, Marie Deschenaux a réalisé de nombreuses opérations de communication de grandes envergures ; elle s’est vue notamment confier des mandats par Médecins sans Frontière (MSF), la RTS, l'Université de Genève, le Parlement européen de la jeunesse pour l’eau (État de Vaud), Terre des hommes,...

Passionnée par les sciences humaines, la psychologie et l’actualité, les relations publiques se sont imposées à elle comme un outil pour comprendre, analyser et mettre en place des opérations qui mettront en lumière des actions ciblées via différents canaux.

Aussi à l’aise en talons qu’en baskets, cette boulimique de travail est convaincue que l’information provient du terrain et qu’une stratégie de communication doit être flexible.

C’est lors de ces voyages que Marie constate que la communication joue un rôle central dans notre société. En parallèle de ses activités, elle dirige deux cours pour les futurs spécialistes RP pour les comptes du Sawi et l’ESM.

La Fondation Mère Sofia, le succès loin du digital

Voguer à contre-courant lorsque l’on est une œuvre caritative est un pari osé. C’est pourtant la stratégie que la Fondation Mère Sofia n’a pas hésité à adopter. À l’heure où tous les spécialistes de communication font la part belle aux réseaux sociaux et au digital, les responsables de l’organisation basée à Lausanne misent sur l’humain et ses compétences sociales. Et ça marche.

  • Yan Desarzens, directeur de la Fondation Mère Sofia. «Tous les jours ne répondons à un besoin qui malheureusement est croissant. »

    Crédits: DR-Fondation Mère Sofia
  • Véronique Eichenberger, directrice adjointe et responsable de la communication pour la fondation Mère Sofia mise sur une communication humaine.

    Crédits: DR-Fondation Mère Sofia

C’est sur le coup de 19h20 que le camion de nourriture en provenance de Manor ou des artisans du coin arrive devant les locaux lausannois de la Fondation Mère Sofia. Une chaîne humaine se met alors en place pour le décharger. Il faut aller vite. Très souvent des bénéficiaires du soutien de l’organisation attendent déjà devant la porte.

«La règle d’or chez nous: accueillir sans être intrusif. Tu viens à la soupe? On est ravi de te voir. Nous combattons ce sentiment de honte ou d’échec qui animent les gens qui ont besoin d’aide. Nous voulons en priorité créer une chaleureuse parenthèse humaine au milieu de vie parfois bien trop mouvementée», explique Yan Desarzens, le directeur de la Fondation alors que la pauvreté gagne du terrain en Suisse. 19h30: tout est en place. Les portes ouvrent. La magie tant voulue par mère Sofia, la fondatrice en 1992 de l’ONG vaudoise, opère: «Nous remarquons que nous avons des gens qui souffrent de ne pas pouvoir se payer à manger bien sûr mais pas seulement nous avons de plus en plus de personnes qui souffrent de précarité sociale et qui ont besoin de briser leur solitude en partageant un repas», poursuit Yan Desarzens avant de préciser que la Fondation distribue chaque soir 230 repas pour un budget de 800'000 francs, couvert à 80 % par la ville de Lausanne.

Une question me vient: comment la fondation réussit-elle à mobiliser autant de monde sur une si longue période? Un tour sur leurs réseaux sociaux laisse penser que ce n’est pas par ce biais.

Véronique Eichenberger, directrice adjointe et responsable de la communication de la fondation acquiesce: «C’est vrai que ce n’est pas sur ces canaux que nous concentrons nos forces. Il y a tellement à faire nous sommes une petite structure. Notre ADN, c’est vraiment l’humain et pas vraiment l’aspect digital même si j’admets que nous pouvons mieux faire. Aujourd’hui, nous avons souvent d’autres priorités qui occupent notre temps, comme la recherche de fond que nous devons effectuer chaque année, les différents évènements que nous mettons en place et la communication auprès des donateurs...».

Pour le quotidien, la fondation compte en effet sur de nombreux petits donateurs qui lui versent chaque année des sommes allant de 20 à 30 francs. Les entreprises établies de la place sont aussi présentes: «Si on peut aider et ne pas jeter, pourquoi ne pas le faire», déclare Christian Bulliard, directeur de Manor Lausanne. «Ceci dit, notre but n’est clairement pas de fanfaronner, mais de donner. Nous voudrions pouvoir en faire plus.»

Une belle leçon d’humilité et de respect à tous les spécialistes en communication qui utilisent en général et trop souvent la fameuse RSE, responsabilité sociale de l’entreprise, pour redorer le blason de leur société à coups de communication tapageuse. Et tant mieux si ça profite à la Fondation Mère Sofia.

Donation et bénévolat : https://www.meresofia.ch

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