Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ / Succès genevois et triomphe Art Déco parisien

Champagne! Ou en tout cas mousseux. Les vacations de l'Hôtel des Ventes genevois, qui se sont déroulées mardi, mercredi et jeudi dernier (11, 12 et 13 mars) se terminent sur un nouveau succès, alors qu'il n'y avait cette fois aucune locomotive. Le 85% des quelque 2800 lots est parti pour un montant de 3,5 millions. 

Ce ne sont toutefois pas ces chiffres que tient à souligne Bernard Piguet, à la tête de l'établissement. Le plus étonnant, pour lui, c'est d'abord la quantité de personnes dans la salle. Il y a eu 700 cartes délivrées. Mais plus nombreux encore, et de loin, se sont révélés les ordres d'achats, donnés à l'avance. On a compté cette fois 5500, soit une moyenne de deux par lot.

Moins cher que les Puces

Il y a eu quelques bons prix, mais rien de fou. Le record est allé, comme prévu, à la paire de chaises italiennes des années 1490, provenant du Palazzo Strozzi de Florence. Des objets fabuleux, mais particulièrement inconfortables. L'estimation provocatrice de 6000 à 8000 francs a suscité un résultat de 67.000, charges comprises. Parmi les livres anciens, devenus difficiles à écouler de nos jours, le plus gros prix est allé sans surprise à un ouvrage érotique, où il est beaucoup question de positions acrobatiques: 18.000 au lieu de 1500 à 2000 prévus. 

Ce sont cependant les mini enchères qui se voient mises en avant par le communiqué de presse final. L'Hôtel des Ventes a permis l'achat d'un sac Louboutin pour 110 francs, d'un carré Hermès pour 80 et de sept verres en cristal taillé pour.... 30 francs. Moins cher que les Puces, que l'on sent aujourd'hui menacées par le ravitaillement en marchandise, l'indifférence de la clientèle et le vieillissement des commerçants. Le monde de la brocante se porte en effet mal. Le salon lausannois a été annulé pour 2014. Des menaces pèsent sur celui de Carouge, en 2015. La Ville voudrait fortement augmenter le loyer de la salle attenante au Théâtre de Carouge.

Des records pour l'Art Déco 

Dans un tout autre genre, Artcurial et Sotheby's, associés pour l'occasion, se frottent les mains à Paris après les deux ventes Félix Malcilhac. L'homme avait découvert l'Art Déco au tout début des années 1970. Il était alors seul avec le collectionneur Manoukian. Le genre sera véritablement lancé grâce à la vente des meubles de la légendaire couturière Madeleine Vionnet, morte quasi centenaire en 1975. 

Marcilhac avait gardé pour lui environ 300 meubles, tableaux et objets signés des plus grands noms des années 1910 à 1940. Le 88% d'entre eux est parti, parfois très bien, parfois au prix d'estimation. Certaines pièces ne correspondent en efet plus au goût de 2014. Le pompon est allé à un cabinet aux parois de gypse de Jean-Michel Frank (un lointain cousin d'Anne Frank): 3,7 millions d'euros. Un fauteuil de Paul Iribe est monté à 781.000 euros. Le produit total a atteint 24,7 millions d'euros sur des espoirs affichés entre 8 et 11. 

Félix Marcilhac, 73 ans, a remis son commerce à ses enfants. Il se retirerait à Marrakech. Fortune faite, bien entendu. Photo (Denis Rouvet-site de la Galerie Marcilhac): Félix Marcilhac et la génération montante.

Ceci est un article intercalaire. Il y aura comme prévu le mardi 18 mars celui sur l'exposition James Ensor de Bâle.

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