Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ/Paris-Photo et la Fiac de Los Angeles sont morts, comme Photoquai

Crédits: Paramount/LDD

Je ne l'avais pas remarqué. La nouvelle a déjà quatre semaines, mais elle est restée discrète. Autant les gens embouchent les trompettes quand il s'agit de lancer un événement, autant ils bouchent ladite trompette au moment de mettre la clef sous le paillasson. Or donc, «Paris Photo Los Angeles» a terminé sa course, après trois éditions seulement. Ennuyeux quand on vantait déjà au monde un savoir-faire français valant bien celui de la direction d'Art/Basel... Le pire étant tout de même que la quatrième mouture de Paris Photo Los Angeles était prévue du 29 avril au 1er mai dans les anciens studios de la Paramount, immortalisés dans «Sunset Boulevard» de Billy Wilder en 1950. 

Deux raisons se voient invoquées par Jean-Daniel Compain, de Reed Exposions, maison responsable de la foire. Un, il y eu les attentats du 13 novembre. Paris Photo a dû fermer prématurément, comme Paris Tableau. Mais ce dernier avait annoncé le 12 qu'il jetait l'éponge. Les participants, surtout américains, de Paris-Photo ont demandé un dédommagement. On a convenu du 20 pour-cent de ristourne sur le «prix du stand brut», soit sans le coût de la «déco». Mais ces gens ne reviendront pas pour autant du 10 au 13 novembre 2016. Ils ont peur. L'autre motif est le maigre résultat financier de Paris Photo Los Angeles, voulu très glamour. Brad Pitt compte moins que les vrais collectionneurs du 8e art, vivant sur la côte Est. Et les pépètes priment sur les paillettes.

Autres fermetures 

Si je vous raconte ça, c'est parce que la FIAC Los Angeles vient aussi de renoncer. Elle n'avait trouvé ne place ni dans le calendrier, ni dans le cœur des gens, ni surtout dans leur porte-monnaie (que certains, il est vrai, mettent sous leur veste près du cœur). La TEFAF, qui s'implante aux USA à raison de deux sessions par an dès cet automne, a bien sûr choisi New York. Plus facile. Nouvel échec de Reed. Je ne pleurerai pas. Sur le plan des relations avec la presse, il n'y a pas pire que Paris-Photo et la FIAC. J'ai envie de crier: «Bien fait pour leur pomme». Mis comme ils sont dans la panade, je ne le ferai pas. Cela dit, Reed gère aussi la Biennale des Antiquaires du Grand Palais qui devient dès 2016... annuelle.

Paris enregistre à part ça d'autres fermetures. Il y a eu début 2015 le Musée Maillol. Un autre privé, la Pinacothèque de Paris, a aussi arrêté en 2016. Marc Restellini, son directeur, invoque comme de juste les attentats qui ont désertifié ses salles. Heureux prétexte. Bien avant le Bataclan, il y avait déjà eu une raréfaction dramatique des entrées dans un lieu où le bon se mélangeait trop souvent avec le pire. Les privés ont apparemment de sombres jours devant eux.

Les mauvais comptes du Quai Branly

Dernier disparu en date, Photoquai, du Musée du Quai Branly. Une promenade automnale (et souvent sous la pluie) le long de la Seine. Plus assez d'argent! D'où la mort de cette intéressante manifestation consacrée à l'image des pays non-occidentaux. Il y a eu des tailles dans le budget du Quai Branly, qui a en plus perdu 7 pour-cent de son public (pour la plupart des scolaires) en 2015. Stéphane Martin, directeur du Quai Branly, assure avoir eu 530.000 visiteurs pour Photoquai. Mais comment fait-on, au juste, le décompte d'un parcours extérieur et gratuit dans un lieu non fermé?

Qui sera le prochain?

Photo: Les studios de la Paramount dans «Sunset Boulevard» de Billy Wilder en 1950. Un film produit par la Paramount, bien sûr! 

Texte intercalaire.

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