Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ DE L'ART / Koller Zurich vide ses entrepôts

J'avoue ne jamais avoir vu ça. Il y a quelques jours, Koller envoyait un courriel à ses clients. Il leur proposait une vente autrement moins glamour que celle des «highlights» faisant l’ouverture de son site. Ici, pas de Botero vendu 408.000 francs. Aucun d'Augusto Giacometti en ayant obtenu 360.000. Rien que des succès, du reste, dans cette vitrine. Aucun mévente gênante comme celle du Giorgio Vasari, lot phare de mars 2015... 

Non, ce qui se voyait proposé du 2 au 4 juillet était une braderie, que je n'ai d'ailleurs pas retrouvée sur le site en question. Il s'agissait de vider les entrepôts de la Hardturmstrasse zurichoise, qui s'encombrent depuis des années de grosses armoires suisses, devenues invendables, de pendules familiales, dont nul ne veut plus, ou de gravures bien sages n'arrivant pas à trouver de nouveaux murs d'accueil. Ces cas difficiles n'étaient pas seuls. Il y avait là des porcelaines et des tableaux, des objets asiatiques et des livres.

Cash and carry

Les personnes intéressées se voyaient priées de venir entre 9 heures et 16 heures. Après avoir fait leurs choix, ces acheteurs devaient payer. Cash. Puis emporter tout de suite. De quoi freiner les ardeurs. Comment débarrasser les lieux (puisque c'était ça le but) dans l'heure? J'ignore le résultat de l'opération. Je ne le connaîtrai sans doute jamais. Il se révélera encore plus difficile de savoir ce que seront devenus les objets restés sur le carreau, sans doute nombreux. Leurs propriétaires voulant tout sauf les récupérer, auront-ils fini à la poubelle ou sous forme de petit bois? 

La question peut en effet aujourd'hui se poser. Un commissaire priseur m'a récemment avoué avoir proposé, lors d'une vente où nul ne s'intéressait aux gros meubles, une immense bibliothèque ancienne, «plutôt pas mal», à 10 francs histoire de détendre l'atmosphère. Eh bien, aucune main ne s'est levée. Et je vous ai déjà raconté comment, ce printemps, un énorme canapé capitonné jaune, somptueusement recouvert de frais, un machin ayant dû coûter dans les 15.000 francs, était parti pour 100 francs... au plus grand soulagement de la maison de vente. Celle-ci se voyait déjà contrainte de trouver un moyen discret de s'en débarrasser... Photo (Koller): Vue d'un des entrepôts à dégarnir.

Texte intercalaire

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