Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ/De l'archéologie mésopotamienne fin avril à Genève Enchères

Crédits: Genève Enchères

Le programme printanier de Genève Enchères commence avec 181 lots archéologiques en provenance du Moyen-Orient. Une chose insolite. On sait à quel point les objets de fouille se retrouvent aujourd'hui diabolisés, surtout quand ils se révèlent originaires d'un «Croissant fertile» en état de guerre permanent. Comment est-ce possible? Je suis allé voir Olivier Fichot, qui a étudié cet ensemble pour la maison de la rue de Monthoux. 

D'où arrive cette collection?
Nous avons dispersé en décembre un premier ensemble archéologique. Il y avait là des objets confiés par trois propriétaires différents. Les choses se sont bien passées. Nous avons trouvé preneur pour tout, sauf six pièces. Les actuelles créations mésopotamiennes proviennent d'une de ces trois sources. Elles nous sont données par les héritiers d'un collectionneur les ayant acquises dans les années 1950 et 1960. L'homme était actif en Orient, dans la mesure où il travaillait dans le pétrole. Il s'agit d'achats effectués essentiellement sur place, à un moment où le marché restait parfaitement légal. L'essentiel de cet ensemble se trouve en Suisse depuis 1970 environ. 

Pouvez-vous en dire davantage sur cet amateur?
Il s’était pris de passion pour l'histoire de la Mésopotamie, d'où cette série de sceaux, de tablettes et de clous de fondation racontant toute l'histoire du «Croissant fertile». Ils vont des prémisses de l'écriture du IVe millénaire avant Jésus-Christ au début de notre ère. C'est une collection avabt tout épigraphique. Elle comprend toute la production kassite, du Mitanni, de l'Assyrie en passant par le paléo-babylonien et l'akkadien. 

Vous ne donnez pas le nom.
Les enfants n'ont pas voulu. Mais les acquéreurs pourront l'obtenir sur demande. C'est essentiel. Il s'agit de pouvoir maintenir la traçabilité par la suite. 

Y a-t-il de matériel allant avec cette collection?
Oui. Leur ancien propriétaire en a pris grand soin. Il a fait des photos. Une des pièces s'est même vue publiée en 1968. L'homme a aussi tenu un carnet répertoriant ses acquisitions, avec descriptifs. Mon problème a été de relier chacun d'entre eux à une pièce précise. Mais je crois y être parvenu. Un dernier mot. Dans les années 60, il n'existait pas les exigences en matière d'archéologie que nous connaissons aujourd'hui. 

Les prix?
Nous avons fait des estimations basses, voire même faibles comme en décembre 2017. Le lot 55 comprend par exemple quatorze sceaux-cachets néo-babyloniens estimés en bloc entre 400 et 600 francs. Il s'agit de se montrer attractif et de susciter, qui sait, des vocations. La famille nous fait confiance. Les clients aussi. Il y avait quelques doutes d'authenticité formulés, pour quelques bijoux antiques en décembre. Ils se sont finalement bien vendus.

Photo (Genève Enchères): Deux des tablettes qui se verront proposées le mardi 24 avril à 12 heures.

Ce texte intercalaire suit immédiatement celui sur Genève Enchères.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."