Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ/"Artgenève" s'exportera en 2016 à Monaco

C'est un succès. L'effet miroir, ou plutôt boomerang, le prouve. «Artgenève» (je sais, je ne devrais pas mettre de majuscule!) va s'exporter. Une variante monégasque de cette foire est annoncée. Elle se déroulera du 30 avril au 2 mai. En 2016, je précise. La manifestation sera de taille encore plus restreinte qu’ici. Tout se passera dans l'intimité au Grimaldi Forum. Il n'y aura pas 70 galeries, comme à Palexpo, mais 50. Le concept restant bien sûr le même, ces 50 élus se verront entourés d'une dizaine d’expositions non commerciales. Une audace pour Monaco, capitale internationale du fric. 

A Genève, on se frotte bien sûr les mains. Pour une fois, la ville gagne. «Nous souhaitons que ces deux salons s’enrichissent mutuellement et permettent de faire rayonner à l’échelle internationale l'idée d'un salon se différenciant des formats et des concepts des grandes foires d'art que nous connaissons», explique Thomas Hug. Le directeur d'«artgenève» organisera d’ailleurs aussi «artmonte-carlo». «La tendance est d'exporter des manifestations à haut potentiel afin de fidéliser leurs exposants, d'augmenter leur notoriété internationale et de renforcer le salon initial», renchérit Robert Hensler, président du conseil d’administration de Palexpo, qu'on a connu chancelier d'Etat de notre petite république.

Trois bémols 

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme on dit dans le «Candide» de Voltaire. Je me permettrai pourtant trois bémols. Le premier, c'est qu'il existe déjà plus de 500 foires d'art contemporain dans le monde, ce qui semble tout de même beaucoup. Le second argument tourne autour du lieu. Monaco n'a pas la meilleure réputation en matière artistique. C'est notamment le siège de quelques galeries redoutables. 

Le dernier point touche enfin à la fragmentation. Faut-il se créer des strapontins, des appendices et des codicilles? Non, selon Pierre Huber, consulté à ce sujet. Pour le marchand genevois, même «Art/Basel» a perdu à cette affaire. «L'événement a abandonné son unicité en allant à Miami, puis à Hong Kong. C'est un peu comme s'il s'était divisé en trois, en faisant venir tous les quatre mois un peu le mêmes galeries et les mêmes grands clients. Avant, il fallait venir à Bâle. C'était un pèlerinage obligatoire.» 

Il est vrai qu'«artgenève» n'en est pas encore à ce niveau de «leadership» mondial. Il en reste au niveau des (bonnes) idées. Elles se retrouven désormais franchisées. Alors, rendez-vous en 2016!

Photo (DR): Thomas Hug qui s'occupera aussi d'"artmonte-carlo".

Texte intercalaire. Demain, comme prévu.

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