Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ / "Art/Basel" a bien répondu aux espoirs financiers

Tout s'est bien passé. "Art/Basel" a battu dimanche 22 juin ses records de fréquentation. Et cela en une année où les expositions non commerciales, même d'art contemporain, semblent nettement moins fréquentées. Il y a eu 90.000 visiteurs, au lieu des 86.000 de 2013. La chose ne dit pas si la foule des innombrables vernissages est comprise, ou non, dans ce chiffre hallucinant pour six jours d'ouverture, dont quatre seulement au grand public. 

Côté ventes, les choses ont été rondement menées. Les jeux étaient faits avant même la première des "previews". Les acheteurs les plus fortunés avaient travaillé les marchands importants au corps, à moins que ce ne soit le contraire. Certains stands pouvaient ainsi se déclarer très vite "sold out", puisque tout se dit mieux ici en anglais.

Un Warhol à 35 millions de dollars vendu 

La vente la plus importante annoncée est celle d'un autoportrait tardif d'Andy Warhol, "Fright Wig". Skarstedt, de Londres et New York, en demandait 35 millions de dollars. Mais d'autres marchands sont parvenus à écouler un dauphin de Jeff Koons pour 6 millions de dollars ou une pharmacie de Damien Hirst pour 6 millions également. Un Georg Baselitz, "Edvard vor dem Spiegel", inspiré par Munch, partait pour trois millions d'euros. Quant à Dominique Lévy, ex-Genevoise passée à Manhattan, elle est parvenue a écouler en bloc ses cinq grands Günther Uecker pour 5 millions d'euros à une "institution européenne". Un seul Beuys s'envolait, lui, à 2 millions d'euros chez Thaddeus Ropac. 

Certaines œuvres étaient connues. Un observateur un peu futé a ainsi noté qu'un Bruce Nauman, acheté 2,25 millions de dollars aux enchères en 2013, se voyait proposé à 3,2 (je crois qu'il s'agit de dollars, mais ce pourrait tout aussi bien être des euros, ou même des francs suisses).

Une vérité impossible à connaître 

Je ne donne ici bien sûr que quelques prix indicatifs. Impossible de s'y retrouver. Dans l'ensemble, les affaires semblent néanmoins avoir été bonnes. Notez cependant que les galeristes ne disent jamais toute la vérité. Certains mentent même. C'est une dure loi du métier. Photo (Keystone): Le stand de Skarstedt avec le Warhol à 35 millions (de dollars, tout de même!)

Petit article intermédiaire. Lundi 23 juin, le Musée d'art et d'histoire de Genève.

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