<p>Entrepreneur</p>

Patrick Delarive est un entrepreneur vaudois actif dans la gestion de fortune, l'immobilier et le showbiz.

Marc-Etienne Berdoz, une âme indépendante

Crédits: Evard

Mon invité d’aujourd’hui est Marc-Etienne Berdoz, l’opticien de 300  000  Romands. Dans sa famille, me dit-il, «il y a de la veine entrepreneuriale depuis des générations». Son grand-père était paysan de montagne à Château-d’Œx, son père, artisan peintre, et son frère aîné est entrepreneur. Il a donc toujours entendu parler des enjeux liés à la vie d’indépendant.

Oui, il y a un prix à payer pour cette – relative – liberté. L’entrepreneur doit toujours tout gérer. Les clients, les fournisseurs, les achats, la vente, l’administration, la comptabilité et le personnel, notamment. Dans l’économie traditionnelle, les «heures de bureau» sont consacrées à générer du chiffre d’affaires et à performer, conditions pour conserver les clients durement acquis.

Au cœur de la fibre de ces familles, on découvre de nouvelles générations qui, d’une part, ne se voient pas faire autre chose et qui, d’autre part, veulent une vie dans laquelle le travail ne déborde pas systématiquement sur le temps libre. Et puis, omniprésente entre père et fils, cette motivation de dépasser sa référence. Ce n’est peut-être pas par hasard que Marc-Etienne Berdoz a épousé une psychologue…

L’analyse étant terminée, je peux maintenant passer à sa carrière. C’est à Prilly qu’il fait son apprentissage d’opticien. Son CFC en poche, il se lance dans l’aventure grâce à ses parents qui se portent caution pour un crédit de 70  000   francs. Nous sommes en 1984. Très rapidement, Marc-Etienne réalise deux choses.

La première, c’est qu’il fait partie de ceux qui préfèrent voler seuls. Il a toujours été indépendant dans l’âme. Il n’a jamais été très «groupe de potes». Tiens, tiens, le côté montagnard solitaire ressortirait-il?…

Son second constat est limpide: il ne se voit pas vieillir dans son officine. Il rachète son partenaire. Ce sera le début de Berdoz Optic, un groupe de 150 collaborateurs qui génère près de 30  millions de ventes, depuis 23 magasins. Et quand on sait que le secteur de l’optique est un des plus rentables du commerce de détail, on arrive rapidement à la conclusion que Marc-Etienne Berdoz a réussi à passer de «à son compte» à «chef d’entreprise». Même métier, mais professions différentes.

Cette étape si difficile à franchir, il l’a passée en 2006. Il a d’abord réalisé qu’il avait perdu le plaisir de son entreprise. Après vingt années passées à travailler de manière ininterrompue, il lui fallait un changement fort. «Le divorce, c’était déjà fait, la voiture de sport aussi. J’ai donc décidé de déménager avec tous les miens à Londres et de gérer mes affaires à distance.»

Ce projet de famille est une expérience formidable. Pour sa femme qui y étudie, pour les enfants scolarisés à l’anglo-saxonne, et pour lui qui parvient à gérer ses affaires par e-mails et en passant quatre jours par mois en Suisse.

Sport et méditation

A son retour, il remet la croissance au centre de ses objectifs. Il se lance dans la diversification, notamment dans les appareils auditifs. Même modèle d’affaires et même clientèle avec un potentiel de croissance beaucoup plus fort. Visionnaire et travailleur, Berdoz l’est sans aucun doute.

Sa sérénité est quant à elle expliquée par des séances quotidiennes de méditation et, très important, par une partie de son travail journalier effectué depuis la maison. Notre entretien devient un peu philosophique. Marc-Etienne Berdoz me dit notamment que «ce n’est pas le travail qui fatigue, mais les préoccupations et la manière de le gérer».

Son équilibre de vie, il le trouve par ses moments à lui. Mais il se ressource aussi en faisant du sport. Toujours dans la stimulation et le contrôle. Le contrôle des coûts pour ses affaires, le contrôle de son «soi» pour lui-même et le contrôle de son style, particulièrement soigné.

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