Christian Simm

FONDATEUR DE SWISSNEX SAN FRANCISCO

Fondateur et directeur de swissnex San Francisco, Christian Simm vit depuis 1997 en Californie. Avec son regard de physicien et sa passion pour le partage des savoirs, il décode les mutations scientifiques, technologiques et sociétales, en Amérique du Nord et en Suisse. Avec son équipe, il privilégie le croisement des genres, l’interdisciplinarité et la sérendipité - l’exploitation créative de l’inattendu – pour que swissnex soit un lieu neutre et accueillant pour l’expérimentation intellectuelle. Valorisant l’écosystème entrepreneurial unique de la Silicon Valley et la réelle créativité helvétique, il ”connect the dots” entre recherche, éducation, art et innovation. Suivez swissnex San Francisco aussi sur nextrends !

Makers (1) – Explore !

L’impression 3D est ”in” écrivaient récemment en substance Fabrice Delaye pour la Suisse et Pascal Marmier pour la Chine. Mais d’où sort donc cet étrange engin, croisement entre une extrudeuse et un traceur X-Y ? Qui a décidé d’apprivoiser des machines jusque-là confinées aux halles d’usines et aux bureaux d’architectes ? S’agit-il d’un gadget de plus - cadeau idéal pour la fête des pères - ou de l’annonce d’une (r)évolution industrielle ?

Quelque part, l’imprimante 3D est le résultat d’un ”hack”, au sens noble du terme, c’est-à-dire le détournement d’un objet de sa fonction première. Il est le fait de d’utilisateurs à part, de passionnés qui, plutôt que de suivre les modes d’emploi, préfèrent en inventer de nouveaux. Ce n’est pas récent, bien sûr, un jeune maquillant son boguet se sentait peut-être ”hacker” dans l’âme avant que le mot n’existe. Ce qui est différent aujourd’hui, par contre, c’est l’ampleur du mouvement, en tout cas dans la Silicon Valley : welcome to the Makers !

Autour de la Baie de San Francisco, on naît Maker ou presque. Dans une région grande comme le bassin lémanique et comptant l’équivalent de la population suisse, ce ne sont pas moins d’une dizaine de musées des sciences et des technologies de réputation nationale, voire internationale, qui offrent des buts d’excursions en éduquant petits et grands.

Le plus ancien et le plus prestigieux d’entre eux est l’Exploratorium, dédié aux sciences, à l’art et à la perception humaine. Il a servi de modèle au Technorama à Winterthur. Mais il y a aussi le Chabot Space & Science Center avec ses télescopes et ses évènements en direct depuis la NASA. Ou le Computer History Museum, qui recèle la plus grande collection au monde d’ordinateurs et d’objets liés à l’histoire de l’informatique. Même le vieillissant Lawrence Hall of Science, lié à l’Université de Berkeley, reste populaire auprès des enfants, puisque tout y est prévu pour accueillir des fêtes d’anniversaires aussi ludiques qu’instructives. Les plus courageux dorment dans le couloir entièrement vitré qui traverse le bassin aux requins du Acquarium of the Bay.

Les musées eux-mêmes sont ”hacked”, pour le plus grand plaisir des grands. La California Academy of Sciences, par exemple, organise tous les jeudis soir une ”NightLife”. A chaque fois, environ 3'000 jeunes adultes en tenue souvent élégante déambulent entre expositions permanentes, performances d’un soir et concerts de disc-jockeys, dégustant cocktails et amuses-bouche. Récemment, ce sont des spécialistes en sciences affectives de l’Université de Genève qui y ont créé une rencontre très populaire entre sons, vins et émotions, sur invitation de swissnex San Francisco.

Les musées et autres centres de médiation scientifiques seraient-ils suffisants pour créer un Maker Movement ? Bien sûr que non : il faut de nombreux ingrédients. Pour en découvrir un autre, rendez-vous au prochain numéro !

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