Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Mais, qui est mon nouveau patron?

L’arrivée d’un nouveau patron est toujours une source de déstabilisation. De nombreuses questions se posent : "Qui est-il ? D’où vient-il ? Que va-t-il m’arriver ?" Dans l’entreprise, les rumeurs vont bon train. Pour les plus nombreux, c’est un coupeur de têtes ; pour quelques-uns seulement, c’est un brillant manager.

Dans les faits, peu le connaissent, mais tout le monde y va de son propre commentaire. Une seule certitude, il va y avoir du changement dans les 12 prochains mois. Alors comment se faire une opinion plus sereine ? Voici quelques conseils en partant d’un exemple réel : Christophe (prénom d’emprunt) vient d’être nommé directeur général de B2B, société informatique d’une soixantaine de personnes en Suisse romande.

Vous tapez son prénom et son nom sur le Web

Il n’en sort pas grand-chose, sinon qu’il s’est marié en France en 2014. On apprend aussi qu’il est arrivé dans le canton de Vaud en 2010, il y a à peine 4 ans. Son intégration lève un doute quant à son intégration et ses connaissances du marché suisse.

Au fait, quel âge a-t-il ?

Là il faut aller sur Linkedin, regarder à quel âge il a fini ses études. Christophe a terminé un bachelor en 2002, si l’on suppose qu’il avait 22 ans, il doit avoir maintenant 36 ans.

Restons sur Linkedin.

Question langue étrangère, il se note : moyen. Entre nous, il aurait mieux fait de ne rien mettre.

Maintenant, regardons son CV

Les CV sont rédigés anti-chronologiquement. Le dernier poste se trouve en tête. Cette façon de présenter une carrière nous vient des USA et part de l’axiome que le dernier poste occupé démontre le niveau de qualification du postulant. Effectivement, c’est intéressant. Pour ma part, je préfère l’idée d’une trajectoire qui part du premier au dernier poste et qui montre mieux une évolution professionnelle.

Revenons à Christophe

Partons du début de sa carrière. Il obtient un premier poste chez un grand constructeur informatique pour zapper chez son concurrent deux ans plus tard où il restera trois ans à peine. Il occupe ensuite trois autres postes, dont il restera au maximum 5 ans, les deux derniers en Suisse. Une dernière période de chômage de 9 mois est valorisée en tant que consultant indépendant. Mais dans ce CV pas de poste de direction, peu de management de personnel sinon l’animation d’une équipe commerciale pendant deux ans et encore ce n'est pas très clair. À décharge, il est toujours resté dans le secteur informatique.

Quelles responsabilités a-t-il vraiment ?

Il est important que connaître la marge de manœuvre de son patron. Dans ce cas un petit clic sur le "Registre du commerce" et vous saurez s’il fait partie du conseil d’administration et s’il a suffisamment la confiance de l’actionnaire principal. Vérification faite, Christophe a une signature à double.

Quels enseignements tirer de ces informations ?

Peu importent les raisons de son engagement qui resteront un mystère. Mais, a priori, Christophe n’a pas les qualifications pour prétendre à un poste de directeur général. Le fait qu’il ne reste pas longtemps en place montre peu de constance. Son arrivée va être certainement pénible. Pour ceux qui seront ces plus proches collaborateurs, il faudra avoir un profil bas pendant deux ans avant d’en être débarrassé. Alors un peu de courage et vous en sortirez grandi de cette épreuve.

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