Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Mais où est passé l'or de la BNS?

On passe sa vie dans les marchés financiers, on parle de l'or comme si c'était des briques de Lego avec lesquelles quelques grandes stars de la finance veulent dynamiser les performances de leurs fonds. Mais à la fin, on oublie que l'or est une matière première. Une matière première qui est censée garantir le bilan de la Banque Nationale Suisse. Pour être franc, personne n'en parle, et pour être encore plus franc, jusqu'à très récemment, je n'en savais rien et cela m'importait peu.

Pourtant, il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion d'assister dans un grand hôtel genevois à une présentation qui abordait le sujet en se demandant où avait bien pu passer tout l'or que nous avions dans nos coffres il y a encore quelques années. Il faut tout de même savoir que près de 1300 tonnes d'or ont été vendues il y a quelques années, pour la bagatelle de 21 milliards (aujourd'hui cela vaudrait juste le triple, mais on est toujours plus intelligent après) et il ne nous en reste plus que 1040 tonnes dans les comptes de la BNS.

Jusque-là, ça va. Le problème, c'est que personne ne sait vraiment où est stocké ce fameux métal jaune. Il y a quelques temps, l'ex-Conseiller Fédéral Kaspar Villiger avait été interpellé à ce sujet. Il avait répondu qu'il ne savait pas, et que pour être franc, il ne voulait pas le savoir au cas où il aurait lâché l'information lors d'un apéro un peu trop arrosé. Véridique.

Nous savons que durant l'après-guerre et la Guerre froide, la BNS avait entreposé ses réserves à l'étranger - ce qui signifie généralement les USA - juste au cas où les Russes auraient décidé de transformer la Suisse en province de Moscou. Ce qui nous amène au présent et laisse imaginer que l'or de la BNS – qui appartient à tous les citoyens suisses – pourrait toujours être dans les coffres de Fort Knox, ce qui serait un moindre mal.

Le problème, c'est que récemment les Allemands ont demandé aux Américains de leur retourner leurs dépôts en métal jaune, chose que les USA ont accepté, mais en estimant qu'il faudrait non pas sept jours, ni sept semaines et encore moins sept mois. Mais plutôt sept ans. Pourquoi sept ans, me direz-vous ? Eh bien, peut-être simplement que les Américains ne les ont tout simplement pas, et qu'il leur faudra bien sept ans pour racheter le métal des Allemands. Les Américains auraient-ils vendu l'or de Berlin pour financer une de leurs guerres, un de leur nombreux Quantitative Easing, voire l'assassinat de Kennedy ?

Inimaginable ? Et pourquoi pas après tout. Mais s'ils ont vendu l'or des Allemands, pourquoi n'auraient-ils pas vendu le nôtre, avant de faire sauter le secret bancaire ? Toujours est-il qu'il semblerait que sur les relevés américains, l'or allemand serait passé de « compte or » à « créance or », ce qui se traduit par: « sur un compte or, nous vous confirmons que nous avons votre or, tandis sur une créance or, nous reconnaissons vous devoir cet or, mais nous ne l'avons pas !!! »

Troublant, non ? Toujours est-il qu'une initiative pour récupérer cet or a été lancée. A la fin du mois de janvier, la couverture or de la BNS était de 12% contre les 20% requis... et l'on ne sait toujours pas où sont nos lingots. Vous, je ne sais pas, mais en ce moment, les USA ne sont pas le pays en qui j'ai le plus confiance, sans compter qu'au vu leur taux d'endettement, il y a de quoi se poser des questions.

Thomas Veillet auteur du blog www.morningbull.ch

 

 

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