Joan Plancade

JOURNALISTE

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et En Suisse romande. Aujourd’hui journaliste indépendant, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

Macron, joker présidentiel incontrôlable

«Quand on ne peut éviter quelque chose, il faut suggérer qu’on l’a organisé», aimait à dire Talleyrand. Surtout quand le mouvement en question suscite un engouement rarement vu dans la politique française. Avec 13 000 adhérents en moins d’une semaine, un toutes les 30 secondes, «En marche», le mouvement d’Emmanuel Macron apporte, selon les propos officiels de l’Elysée «de l’énergie en plus», à une fin de mandat particulièrement pénible pour l’exécutif. Pourtant, comment ne pas voir l’émancipation du trublion gouvernemental comme un retour de flamme pour François Hollande qui l’a lui même lancé dans l’arène politique?

Décrédibilisé sur la déchéance de nationalité, affaibli par les mouvements étudiants, Hollande aimerait certainement, dans l’optique des présidentielles, capitaliser sur la popularité de son joker, capable de séduire au delà de la gauche. La rhétorique mainte fois entendue mais jamais appliquée dans l’Hexagone du «rassemblement» et du «dépassement des clivages» ne fait plus recette, sauf quand elle est portée par une personnalité transgenre et créditée comme telle. Comme Jean-Louis Borloo avait su incarner la droite sociale sous Sarkozy, Emmanuel Macron symbolise aujourd’hui une gauche réconciliée avec l’entreprise. D’où l’écho rencontré par le discours du jeune ministre.

Difficile pour autant d’imaginer François Hollande en tirer parti dans l’optique des présidentielles. Populaire car incontrôlable, Macron aime à jouer les francs-tireurs, tout en cultivant l’ambiguïté. Dimanche soir sur France 2, s’efforçant d’afficher mollement une solidarité gouvernementale de façade, il s’est surtout distancié des «blocages» et de «l’immobilisme» de la majorité dont il fait partie. Pour éviter de répondre à une question sur ses ambitions présidentielles, il a rejeté en bloc ces luttes d’égos qui selon lui «polluent la vie politique». Ce qui compterait pour Emmanuel Macron, ce ne serait pas sa personne, mais uniquement la démarche collective de dépassement des clivages.

Pas très crédible quand on baptise son mouvement, «En Marche», de ses propres initiales…

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