Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MAASTRICHT/La TEFAF s'engouffre dans la brèche contemporaine

Crédits: TEFAF

La prochaine TEFAF de Maastricht se déroulera au MECC du 14 au 24 mars 2019. La foire communique déjà sur son contenu. On sait ainsi qu'elle abritera 38 nouveaux exposants. C'est énorme, d'autant plus que la manifestation annonce des «retours». Autrement dit des gens qui étaient partis et qui apparemment s'en sont mordus les doigts. 

Où se situent les nouveaux-venu, les noms des «repentis» restant secrets? Avant tout dans le secteur de l'art moderne et contemporain. Autant dire que Maastricht chasse sur le terrain d'Art/Basel, même si la nouba bâloise devient de moins en moins moderne et de plus en plus contemporaine. Il y aura donc treize nouveaux stands dans ce domaine à la TEFAF, qui compte du coup «réaménager» cette partie du salon, dont la taille risque désormais de poser un problème. Il y aura là des arrivants connus d'Almine Rech à Pace, en passant par Kamel Mennour ou les Vallois. «Nous sommes tout particulièrement ravis d'accueillir à la TEFAF des galeries phares en matière d'art moderne et contemporain venues grossir les rangs d'exposants d'ores et déjà brillants.»

Et qui sont ceux qui s'en vont? 

On connaît la volonté de la TEFAF de tout écraser. Elle l'a fait en créant, comme Art/Basel, deux foires satellites, mais à New York cette fois. Le contemporain est aujourd'hui considéré de loin comme la matière la plus lucrative. Quitte à perdre de sa personnalité dans la mesure où elle a été créée par quelques marchands de tableaux anciens, la manifestation s'engouffre donc aujourd'hui dans cette brèche. Il y aura cependant aussi d'autres nouveaux-venus. Trois font de l'archéologie. Huit relèvent de l'art ancien toutes tendances confondues, de l'ethnographie aux meubles du XVIIIe. Trois du design. Six de la peinture ancienne, tout de même. Deux iront à TEFAF Paper. Il y aura un grand joaillier de plus.

Reste qu'avec tout ça, les participants seront 297. Soit plus ou moins le même nombre que d'habitude. La chose signifie en bonne logique que la TEFAF a enregistré près de quarante départs depuis mars 2018. Qui sont les partants? Mystère... La communication ne va pas jusque là. Elle reste comme toujours pudique sur ce qui relève tout de même de l'échec. On entre à Maastricht la tête haute et on en sort la queue basse. Ainsi va la vie.

Photo (TEFAF): Le hall fleuri de l'une des éditions de la TEFAF au MECC de Maastricht.

Texte intercalaire.

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