RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

Ma semaine avec Uber

Vendredi 22 septembre

La semaine touche à sa fin... Le chauffeur Uber était à quelques minutes de chez moi, du coup, je l'ai commandé trop vite. N'osant le faire attendre, dix minutes, j'abandonne ma fille chérie qui devrait prendre son bus plein à craquer... Dommage. J'arrive à bon port, en ayant pu gagner du temps en lisant certains documents sans regarder la route. Merci Uber. Une nouvelle journée de rangements m'attend-elle ? Non, bouclage du magazine oblige, il me faut partir en quête de nouveaux top secrets. L'avenir des restaurants Holy Cow me prend quasiment une demi-journée... N'ayant pas pris de rendez-vous pour le déjeuner, c'est à pied que je vais acheter de quoi tenir le coup jusqu'à ce soir. L'après-midi est entièrement consacrée à remplir, lentement mais sûrement, ma double page de Top secrets. Mission quasi accomplie. Je peux me rendre, en Uber, chez Uber, pour y récupérer mes clés de voiture. C'est l'heure des regrets. Regret de ne pas avoir tenter de commander un Uber black afin de vérifier la différence de qualité. Au final, j'ai constaté qu'outre la qualité de l'application Uber, l'intérêt est aussi économique. Les courses sont pour l'heure, environ un tiers moins cher. Ce qui n'est pas négligeable. Et les indépendants bossant avec Uber sont généralement plus sympathiques. Sans doute parce qu'ils font les horaires qu'ils veulent. Quant à la mobilité douce, je dirais juste que Genève est plutôt dans la "non-mobilité". La ville est en perpétuelle chantier, ce qui ne facilite guère la fluidité pour l'ensemble des usagers.

PS: samedi soir, j'ai commandé un Uber pour me rendre à un match du GSHC. Pratique. Y a pas à dire !

Jeudi 21 septembre

Cela va être une journée un peu spéciale... La rédaction monte d'un étage et se retrouve voisine de la quasi totalité de ses confrères de la Tribune de Genève. Comme indiqué hier déjà, l'icone permettant de planifier une course via Uber n'est pas fonctionnelle en tout début de matinée. Dommage. Il me faut donc ne pas trop tarder à me préparer pour obtenir un chauffeur sans avoir à glander trop longtemps dans mon salon. Mission accomplie ! Je suis tombé sur un chauffeur moins tourmenté à me dénicher le bout de rue qui me fera gagner 30 secondes et à changer sans arrêt de cheminement. J'arrive donc sans aucune encombre au boulot, devant le hall d'entrée. Alors ? Nos PC seront-ils déjà branchés ? L'imprimante aussi ? Notre Sergent Garcia a fait des miracles la veille et tôt ce matin. On découvre, cerise sur le gâteau, des plan de travail dont la hauteur est modulable. Le pied ! La circulation sanguine de nos jambes devrait apprécier... ah ! cette semaine de la mobilité douce... La journée se déroule dans l'alégresse à réceptionner nos affaires, vider les cartons en trouvant des emplacements. Par contre, la poussière est restée sur nos meubles de rangement... Un apéro est organisé spontanément à 16h pour marquer le coup. La salle de réunion, pleine d'affaires de nos collègues du marketing, résonne (c'est une façon de parler, car les verres en plastique sont réputés pour leur silence) du bruit des verres. Les boissons effervescentes se déversent... La course aux plus plus grands employeurs de Suisse romande va bientôt s'achever là, pour reprendre de plus belle demain. Il est encore l'heure d'appeler Daniel Mori pour un article sur Visilab et voici l'heure de reprendre une limousine uberisée... et d'avoir des discussions passionnantes avec le chauffeur Uber. Dur, dur, la vie de journaliste. Par contre, à midi, le déjeuner a été pris sur ma place de travail. Histoire de gagner du temps. Et la restauration douce, cela donne quoi ?

Mercredi 20 septembre

OK. La journée devrait logiquement mieux démarrer. Mon collègue Matthieu (désormais en charge de notre site web adoré) m'a gentiment indiqué que sur l'appli Uber, à droite de la question "Où allez-vous ?" doit apparaître un icone permettant de planifier une course. Génial, non ? Bref, ce matin, je me dit que je vais pouvoir éviter la cata de la veille en programmant à 07h un départ pour la tranche horaire 07h20-07h30. Eh bien, non. Le fameux icone n'apparaissait pas à ce moment-là. Dès 08h, il était de nouveau visible. Bizarre. Cela étant, prudent, j'ai passé ma commande quelques minutes plus tôt. Le chauffeur est arrivé à temps, mais, visiblement confiant dans les différents appli disponibles, il a opté pour un parcours passant par le coeur des Eaux-Vives et là, l'imprévisible a frappé: un véhicule de la voirie était en train de bloquer les bus des TPG, et donc tout le trafic, à l'endroit où la route de Frontenex rejoint la place des Eaux-Vives. Bref, il s'en est fallu de très peu pour que ma fille débarque en retard à ses cours...

A trop vouloir rechercher le parcours le plus court, on se prend la tête... Peu après, alors que mon chauffeur devait logiquement me déposer devant mes bureaux, il se trompe visiblement et me lâche à 300 mètres de là. Heureusement, mercredi matin il ne pleuvait pas. Bref, je n'ai pas eu envie de lui mettre 5 étoiles, malgré un timbre de voix me rappelant le commissaire Navaro. A la pause de midi, un déjeuner est planifié à l'excellent Tiffany, soit à 150 mètres de la rédaction. Idéal par mauvais temps. Idéal pour la mobilité douce...

L'après-midi se termine alors que chacun vide son plan de travail dans un carton et s'apprête à partir avec une petite appréhension de ce qui va nous attendre demain. J'ai une douzaine de cartons, un record dans ma rédaction, à l'heure de la domination du numérique. Je commande mon UberX. Il est là en 5 minutes à peine. Parfait. Jolie voiture, mais avec les fenêtres avant ouvertes, la lecture de la Julie n'est pas évidente (je n'avais pas eu le temps de la lire plus tôt). A demain !  

Mardi 19 septembre

La journée commence mal. Non seulement, il pleut des cordes, mais en plus faute d'avoir commandé mon Uber suffisamment à l'avance, l'application m'annonce un véhicule pour 7h40... autant dire que je ne pourrai pas poser ma fille près de son école (contrairement à nos habitudes, vu que le bus est bondé dès Veigy...). Bref, je me retrouve à poireauter jusqu'à... 7h50 pour finalement arriver super tard à la rédaction. Genève et son trafic... Nos autorités semblent tout faire pour que la guerre des transports perdure en dressant les différents utilisateurs les uns contre les autres.

A l'heure du lunch, j'ai rendez-vous dans un restaurant en bas du boulevard Helvétique avec une amie entrepreneuse. C'est l'occasion rêvée d'utiliser les TPG pour effectuer les deux tiers de la distance qui me sépare de mon travail au restaurant. A l'arrêt Bel-Air devant Confédération Centre, la foule s'agglutine. Le temps passe. Dix minutes d'attente entre 12h et 12h10 pour avoir n'importe quel véhicule des TPG se rendant direction Rive, ce n'est pas long, quoi que sous la pluie, si.

Au retour, la foule s'est dispersée. Voilà la mobilité retrouvée! Place aux cartons et aux rappels par mail depuis la rédaction. La tâche semble éternelle. A 21h, la faim venant, je décide de rentrer. A peine le temps de commander mon Uber qu'il est déjà en bas. Pas le temps de passer par la case toilettes, ni d'éteindre les lumières. La ville est quasiment vide. Le rêve. J'allais oublié de vous dire: en plus, je me suis retrouvé dans une belle Mercedes noire, toute neuve. La classe, non?

A demain pour la suite de mes aventures avec Uber.

Lundi 18 septembre

Et voilà ! Le moment tant attendu est arrivé. Tant craint aussi, malgré tout. En effet, c'est un peu comme pour un alcoolique: comment appréhender la vie sans alcool? Pour la voiture aussi, on peut parler d'une certaine dépendance. J'assume. J'ai d'ailleurs été "recruté" pour cette caractéristique par l'agence s'occupant de la communication d'Uber. Oui, oui, vous avez bien lu. Non, je ne vais pas soudainement passer de ma voiture aux transports publics. Même si je vais désormais sans doute les utiliser un peu, en complément des trajets effectués via Uber. Pourquoi là, maintenant, tenter cette expérience? C'est la Semaine européenne de la mobilité, dont le but est de sensibiliser les citoyens à l'utilisation des transports publics, du vélo, de la marche...Cette campagne entend encourager l'utilisation des formes alternatives de transport et de voyage autres que les voitures privées. Cette Semaine de la mobilité a démarré en 2002 à l'initiative de la Commissaire européenne Margot Wallström. En 2016, pas moins de 2427 villes y ont participé.

Après avoir téléchargé dimanche 17 septembre l'application Uber, j'ai pu lancer ma première commande ce lundi à 07h10 environ. Heureusement, l'attente annoncée, environ 15 minutes, n'était pas trop longue. Le chauffeur est certes un peu surpris que j'aie rentré comme destination les bureaux romands d'Uber. Cela étant, il parvient à se retenir de me poser des questions. De mon côté, je préfère me taire sur les motifs de ma visite chez Uber. Le trajet s'effectue en compagnie de Radio Nostalgie, un bon choix. Dans le calme. Ma surprise vient du chemin choisi pour rejoindre la route de Saint-Julien, ce n'est pas mon parcours habituel. Ah! Ces satanées habitudes... Après avoir rendu ma clef de voiture à une collaboratrice d'Uber, je repars dans un autre véhicule Uber. Même sérénité. Les chauffeurs Uber semblent moins râleurs que les chauffeurs de taxi. Même si la perspective d'un changement législatif concernant les chauffeurs Uber sur Genève ne semble pas les réjouir.

Bien que motivé à tenter cette expérience, un imprévu est venu perturber cette première journée sans ma voiture: la panne soudaine de l'aspirateur familial. Eh oui! Ce n'est pas drôle. Certes la vie ne s'arrête pas quand son Dyson tombe en panne, sauf que, quand bien même ces engins sont garantis pendant des lustres, il faut quand même les porter jusqu'au magasin... Aller dans celui où je l'avais acheté, au fin fond de Meyrin, n'est pas envisageable. Bref, à la pause de midi, prenant mon courage à deux mains, j'ai porté mon Dyson chéri pendant un bon kilomètre. Il faut dire qu'il n'existe pas de liaisons TPG pratiques permettant de relier la rue du Stand à Rive. Le tram qui passe par là tourne ensuite en direction de la place Bel-Air, idem avec le bus D. Bref, il faut marcher au moins jusque devant Confédération-Centre. Une fois là, on se dit autant poursuivre à pied...

Le hic c'est que l'aspirateur ne pouvant être réparé dans l'heure, vous en achetez un autre, certes un peu plus petit, mais qui a pour défaut de n'entrer dans aucun sac. Encombré par ce paquet d'une longueur de plus d'un mètre, il me faut ensuite refaire le chemin inverse. Toujours à pied. Je sais, j'aurais pu prendre le tram pour... un arrêt ou deux. De retour à la rédaction, je retrouve mes cartons. En effet, la rédaction de Bilan doit déménager du 3e au 4e étage dans le bâtiment de la Tribune de Genève. Et comme votre serviteur se prend pour un archiviste, il me faut trier pour parvenir à garder une partie des mes précieuses archives. Mesures d'économies obligent, notre rédaction disposera de moins de surfaces à disposition. La fin de cette première journée arrivant, le moment est venu de commander un Uber. Aucun souci. Un lundi à 18h, quand il ne pleut pas, le temps d'attente est marginal. A peine le temps, de ranger mes petites affaires que le chauffeur se signale.

 

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